Accueil contrasté de la baisse de l'impôt sur les sociétés au Cameroun

Le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam) se réjouit de la réduction de cinq points de cette recette fiscale dont le taux passera à 30 %. De son côté, le syndicat patronal Entreprises du Cameroun (Ecam) se montre plus réservé.

 

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Accueil contrasté de la baisse de l'impôt sur les sociétés au Cameroun

Accueil contrasté du côté patronal de la baisse de cinq points de l'impôt sur les sociétés au Cameroun. Pour attirer les investissements, le taux de cette recette passera de 35 à 30 % si la loi de finances 2015 en débat au parlement est adoptée en l'état. D'avis d'expert, l'impact de cette réduction serait de 72 milliards de F CFA, si on prend la moyenne de l'IS effectivement payé des trois dernières années.

La mesure, bien que moins ambitieuse par rapport à l'abaissement de dix points proposé par le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam), est tout de même bien accueillie.

"C'est depuis plus de dix ans que nous faisons comprendre au gouvernement que le taux global d'imposition des bénéfices des sociétés est très élevé, comparativement aux taux en vigueur dans d'autres pays à niveau de développement comparables à savoir le Gabon (30 %, ndlr), la Côte d'Ivoire (25 %), le Sénégal (30 %), etc.", estime Guy Honoré Tchente, le président de la commission juridique et fiscale de la principale organisation patronale du pays qui y voit l'amorce d'une politique de décrue progressive des taux. En Afrique centrale, seul le Tchad avec son IS à 40 % fait moins bien que le Cameroun.

Neutralisée

Une "baisse en trompe-l'œil" pour Entreprises du Cameroun (Ecam). Ce regroupement patronal pense que cette mesure, certes favorable, est neutralisée par le doublement des acomptes, de 1 à 2%.

"C'est évidemment très bien pour les grosses entreprises qui ont des marges très importantes, mais désastreux pour les PME qui ont des marges faibles et verront leur imposition doubler", regrette son président, Protais Ayangma Amang.

Pour alléger leur charge fiscale, les entreprises s'acquittent de l'IS par des acomptes de l'ordre de 1 % du chiffre d'affaires mensuel, un minimum de perception pour celles qui sont déficitaires ou dégagent un bénéfice dérisoire. "A l'observation, cependant, la grande majorité des entreprises camerounaises (plus de 70 %) profitent de ce dispositif de facilitation pour ne payer que les acomptes mensuels en affichant systématiquement des déficits à l'occasion de leurs déclarations annuelles", argue le ministère des Finances qui y voit une "source d'évasion fiscale".

 

Pour 2015, le gouvernement compte recouvrer 508 milliards de F CFA au titre de l'IS, pour un budget de 3746,6 milliards de F CFA.

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