BTP | bâtiment | immobilier Des projets de plus en plus ambitieux

Au Burkina Faso, le secteur du BTP a véritablement pris son envol ces dernières années.

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Des projets de plus en plus ambitieux

Selon une étude portant sur l’analyse des besoins en matière de qualification des ressources humaines dans le secteur du BTP, réalisée en avril 2011, 96% des PME installées au Burkina Faso œuvrent dans le BTP et 70% de ces entreprises spécialisées dans le bâtiment.

L’inégale répartition de ces entreprises sur l’étendue du territoire nationale est cependant criarde. Selon cette même source, on en dénombre 79% à Ouagadougou, 5% à Bobo-Dioulasso et 16% réparties pour les autres villes du pays.

Le secteur du BTP connaît aujourd’hui une croissance moyenne de 17% par an et représente 42% des investissements publics réalisés sur les cinq dernières années dont 27% consacrés aux infrastructures routières.

Sur le marché burkinabè du BTP, trois catégories d’entreprises coexistent : les entités locales reconnues et les unités reliées aux groupes internationaux ; les structures plus récentes sur le marché et moins expérimentées dans le secteur du BTP ; les structures individuelles informelles majoritairement représentées et composées d’ouvriers, d’artisans et de tâcherons travaillant dans le gros et le second œuvre.

Les besoins en logements laissent augurer d’un avenir très prometteur pour le secteur. Pour les villes de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, les deux principales villes du pays, les besoins sont estimés à plus de 20000 logements par an. Ces besoins qui se créent chaque année viennent se greffer à ceux déjà préoccupants des autres zones urbaines pour lesquels des solutions urgentes restent à trouver. Il faut également compter avec le fait que, dans les années à venir, l’habitat va encore connaître un boom induit par l’évolution du taux d’urbanisation et la croissance démographique. Le taux d’urbanisation estimé à 20,2% en 2006 pourrait atteindre 35 % en 2026. Déjà au nombre des programmes prioritaires figurent :

le programme national de construction scolaire ;

le Programme National d’Accès à l’Eau Potable et d’Assainissement ;

l’ouverture du marché d’entretien routier aux PME du secteur privé ;

la construction des logements sociaux ;

le renforcement des structures sanitaires ;

construction de logements économiques (ZACA et Ouaga2000).

Ces projets, déjà en cours, vont se poursuivre dans les années à venir avec de nouveaux programmes tels que le Millenium Challenge Account (MCA Burkina) et le Programme Immobilier de la Diaspora (PID), qui commencent déjà à générer des projets BTP.

Plus ambitieux encore, le Burkina Faso caresse du doigt le rêve d’un pays moderne doté de hauts standings. A ce titre, le 6 février 2013 dernier, le ministre de l’Economie et des Finances a présenté en Conseil des ministres un projet pour la réalisation d’un immobilier à Ouaga 2000 au capital de 249 300 000 de francs CFA, dénommé « Tenatower & Tenarivers ». Au terme dudit projet, seront érigés sur 102 ha une tour mixte de 25 étages comprenant un hôtel 5 étoiles de 160 chambres, des bureaux et 33 appartements de luxe, 185 villas de hauts standing. Ce complexe comprendra également un parc aquatique avec des piscines à vagues et toboggans géants, un mini-golf de 18 trous, des restaurants et clubhouse et des infrastructures sportives. Les études concernant ce gigantesque projet sont déjà en cours.

Sur le listing des programmes les plus importants, figure également le programme de construction de 10 000 logements sociaux et économiques. Ce programme lancé le 14 juillet 2007 par le gouvernement se poursuit avec le lancement le 15 juin 2012 denier du projet immobilier de 1500 logements sociaux à Bassinko, localité située à une vingtaine de kilomètres de Ouagadougou. Le financement de la première tranche dudit projet est estimé à 6 390 000 000 F CFA. Il est également attendu la mise en route de projets immobiliers complémentaires sur le même site, qui porteront sur la construction de 1 000 unités de logements, ce qui permettra de disposer à moyen terme d’une cité moderne de 2 500 logements avec des infrastructures socio-éducatives et commerciales dans cette localité.

Le projet de construction du nouvel aéroport de Ouagadougou, s’affiche également parmi les programmes prioritaires. Ce projet qui était initialement prévu pour fin 2012, verra à coup sûr son lancement courant 2013. Déjà 330 milliards de francs CFA sont mobilisés pour le financement de la totalité de la première phase de cette infrastructure titanesque qui sera la nouvelle porte d’entrée du pays.

En 2012, au titre des infrastructures routières, le gouvernement estimait son besoin à 1647 milliards de francs CFA. Les travaux vont concerner la réalisation de voies bitumées nationales et internationales, le renforcement du dispositif routier classé et la construction de routes en milieu urbain et rural, d’ici à l’horizon 2016.  L’objectif de ce programme est surtout de désenclaver le pays et de booster son développement économique. 

Avec tous ces projets, le secteur du BTP trouve de la matière et fait incontestablement parti aujourd’hui des secteurs en émergence au pays des « hommes intègres ».  L’activité reste cependant fortement concentrée dans les grands pôles urbains. Cette tendance est encore plus marquée pour les bureaux d’études qui sont quasiment tous installés à Ouagadougou. Il convient également de noter la grande volatilité des entreprises et, par ricochet, la très grande volatilité des emplois dans le secteur. A côté des entreprises bien installées de taille variable, une part importante d’entreprises se créent et disparaissent au rythme des chantiers, toute chose qui se traduit par un certain désordre. En 2007, le fichier Néré de la chambre de commerce recensait 3535 entreprises du BTP à l’échelle nationale mais aujourd’hui l’on renvoie ce nombre à environ 2000 entreprises jugés crédibles, compte tenue de la volatilité de ces entreprises.

Au titre de la réglementation en vigueur, des dispositions régissent les conditions d’agréments des entreprises désireuses d’œuvrer dans le BTP par les textes. Ce sont :

l’Arrêté n° 2005-084/MITH/SG/DGAC portant définitions et conditions de délivrance et de retrait de l’agrément technique dans le domaine du bâtiment, catégorise les entreprises du bâtiment en fonction de la nature et de la consistance des travaux qu’elles sont sensées pouvoir réaliser ; il précise les conditions de délivrance et de retrait dudit agrément.

l’Arrêté n° 004/MITH/CAB portant fixation des conditions de délivrance et de retrait de l’agrément technique pour l’exécution des études, contrôle et travaux d’entretien routier et d’aménagement de pistes fixe les critères de classification pour l’agrément technique à travers un minima en ressources humaines, matérielles et de capacité financière (chiffre d’affaires).Les marchés publics sont régis par une réglementation générale des achats publics (RGAP) définissant les conditions d’accès à toutes personnes physiques ou morales, les règlements financiers, etc.

Plus récent encore, l’arrêté 2010-0015/MTD/CAB du 23 décembre 2010 pris par le Ministère en charge des infrastructures.

La floraison d’entreprises de BTP au Burkina FAso, a eu deux conséquences immédiates. La première conséquence est l’arrivée d’ouvriers du bâtiment d’origine étrangère, principalement de la sous-région. La seconde est le fait que de nombreux apprentis n’ayant pas terminé leur formation ou autres publics non formés se sont déclarés maçons, coffreurs, ferrailleurs, etc. sans posséder la maîtrise du métier.

Aujourd’hui sur le marché, des entreprises locales ou filiales de groupes internationales tirent grandement profit du secteur : Boutros, BTM, Cogeb international, Fadoul technibois, CSE (Sénégal), KARA (Arabie Saoudite), Faso Baara, pour la construction de tout type d’ouvrage.  Dans le domaine de l’infrastructure routière, les ténors sont Ebomaf, Cogec, ELEF, etc. Dans la construction de bâtiments, Sosaf, Echa, Loafchal, Sol Confort et Décor, Ecobaa, Azimo se positionnent en tête de liste. Parmi les filiales de groupes internationaux intervenant dans le BTP, figurent majoritairement les entreprises françaises au nombre desquelles Sogea Satom SATOM (Vinci), Colas, Bouygues, BTP-Terrsassement , Sade (véolias environnment) sont leaders.

Pour les cabinets d’architecture/bureaux d’études, les principaux sont AGEIM, FASO KANU Développement, CINCAT-International, G2 Conception, Afrique-Archi, GET etc.

A l’instar des entreprises, les grands bureaux d’études étrangers présents au Burkina Faso sont BCEOM et Louis Berger (France), Sittint, SCET Tunisie et Study Int. (Tunisie), Taep (Koweït), Gauff- Ingénieurs (Allemagne) etc.

De plus en amont du secteur du BTP proprement dit, quelques sociétés agrées en offre de matériaux de construction sont à l’œuvre. A titre d’exemple DIAMOND CEMENT se positionne comme le leader incontesté de la production de ciment dans le pays et alimente à lui seul 80% des besoins nationaux estimés à 100 000 tonnes. Ce géant du ciment aura très bientôt pour concurrent le Groupe marocain Addoha coté à la bourse de Casa, qui débarque également au Burkina Faso grâce à sa filiale CIMAF-Burkina dont la pose de la première pierre a eu lieu le 19 janvier 2013 dernier à Ouagadougou. Ce dernier dont la production est attendu à la fin 2014 sera doté d’une capacité annuelle de 500 000 tonnes par an extensible à un million de tonnes et engloutira la bagatelle de 30 millions d’euros d’investissement, soit environ 20 milliards de francs CFA.

Outre ces cimenteries, d’autres sociétés évoluent également sur les créneaux tels :

la construction de matériels et d’engins spécifiques, locations et réparations

l’extraction et la préparation de matériaux

les produits pétroliers, bitume etc

la fabrication et la vente de profilés métalliques, etc.

Le Burkina Faso, avec tous ces projets et programmes, prend aujourd’hui l’allure d’un chantier à ciel ouvert. Au-delà des insuffisances du secteur, le Burkina-Faso demeure un exportateur en ce qui concerne les Grands Travaux dans la sous-région (Bénin (Entreprise KANAZOE et Frères ex Entreprise OK), Mali (entreprise COGEB-International) et Sénégal (Afrique-Archi)). Les entreprises burkinabè du secteur du BTP sont, dans leur majorité, de forme juridique individuelle, avec des profils divers des chefs d’entreprise. Le pouvoir décisionnel est fortement concentré entre les mains du propriétaire dirigeant qui n’a pas toujours une formation dans le domaine. En sus de ces faiblesses, il faut ajouter la faible assise financière, l’insuffisance dans la maîtrise technique des travaux due au manque d’expertise ou à la non-valorisation de cette dernière. Toutes ces insuffisances constituent un handicap dans la conquête des grands travaux au niveau national et sous-régional et se matérialisent par la présence de plusieurs entreprises étrangères sur les marchés burkinabè.

Vue la part des investissements publics consacrés au secteur et la forte demande en logements due à la croissance démographie (3% l’an), il est certain que les années à venir verront ce secteur décoller et attirer encore plus d’investisseurs.

 

BAMBIO Z. François,
Pour investirauburkina.net
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