Coton | or blanc « L'or blanc », une richesse à préserver

Depuis un certain temps, on assiste à des bisbilles au sein de l'Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB).

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« L'or blanc », une richesse à préserver
Ces différends qui empoisonnent cette structure chargée de la conduite des activités cotonnières au Burkina Faso risquent, si rien n'est fait, de conduire le pays à un autre problème social. Il faut dire que la récente crise est la résultante d'une série de contestations des divers acteurs de la vie politique, sociale, économique et culturelle. Au moment où les autorités travaillent d'arrache-pied pour «niveler» le terrain, il est meilleur de ne plus en ajouter. Il faut savoir raison garder, pour ne pas tomber dans une logique absurde selon laquelle tout mécontentement doit se solder par le départ d'un responsable.

On se souvient de ce point de presse animé par des membres de l'UNPCB le 13 décembre 2014, dont le maître-mot n'était que de demander la démission du président Karim Traoré, prétextant une politisation de l'organe. On est tenté de se demander pourquoi depuis belle lurette, personne n'a daigné dénoncer les maux qui émaillent la gestion de la structure? Aujourd'hui, le pays a assez de problèmes et le citoyen craint de voir les acquis de la politique agricole, surtout en ce qui concerne la filière coton, remis en cause. Alors que le monde du coton s'apprête à faire un bond en avant en matière d'innovations à travers la mise en place prochaine d'une semence cotonnière résistant aux herbicides et aux insecticides. Une innovation qui vise à augmenter davantage le rendement agricole annuel de "l'or blanc". C'est aussi une bouffée d'oxygène pour les producteurs qui pourront disposer d'un calendrier les permettant de développer la culture d'autres spéculations. Le coton est le poumon par excellence du revenu monétaire de plus de la moitié de la population burkinabè. Cent pour cent de personnes vivant en milieu rural tirent leur revenu de cette culture. L'UNPCB créée le 15 avril 1998 est donc l'organe «suprême» des Groupements des producteurs de coton (GPC). Sa mission principale est de veiller à la facilitation de l'approvisionnement en intrants et matériels agricoles, la bonne gestion des crédits, à l'augmentation de la production cotonnière et à encadrement des professionnels de l'agriculture. L'Unité, la solidarité et la responsabilité sont à ce titre les gages qui permettront aux producteurs d'assurer eux-mêmes le développement de leurs activités. L'efficacité des agriculteurs ne peut être garantie que par l'indépendance et l'autonomie de l'Union. Aussi, il est clair que la transparence dans la gestion des associations paysannes reste avant tout une nécessité pour assurer la cohésion au sein de l'Union. De ce point de vue, les acteurs devront se mettre au-dessus de la mêlée, car la défense réelle des intérêts des producteurs de coton passe par le développement et la consolidation d'une organisation professionnelle, autonome, au service des producteurs de coton et qui œuvre pour leur épanouissement. Pour ce faire, l'action de l'UNPCB consiste a priori à obtenir l'amélioration des niveaux de revenus et de formation de ses membres, à donner à chaque producteur de coton la possibilité de prendre librement ses responsabilités, à faciliter son adaptation au progrès économique et technique. Par son organigramme, l'organe porte-parole des producteurs se doit d'aider ses membres à remplir au mieux leur rôle dans l'économie et la société burkinabè à produire du coton et des céréales en quantité et en qualité, à maintenir le patrimoine, à contribuer à la création d'emplois, et à préserver l'environnement et les ressources naturelles sur le territoire. Si les producteurs ont bien consciences de l'enjeu que représente la filière coton pour la croissance économique et la paix sociale au Burkina Faso, ils devront de façon pacifique trouver une solution à leurs divergences. Le coton rapporte 55% des recettes d'exportation. Les zones cotonnières contribuent à l'autosuffisance alimentaire et fournissent 80 % des céréales commercialisées dans le pays. Les paysans profitent des intrants du coton et les rotations se révèlent très rentables. Enfin, le coton finance largement le développement rural, et notamment la construction de diverses infrastructures, routes, écoles, dispensaires. Il importe donc de consolider les acquis et réaliser les espoirs des paysans, défendre leurs intérêts et les responsabiliser, assurer la professionnalisation et l'autonomie progressive des organisations villageoises, tel est le projet que les autorités du textile et de la fibre doivent promouvoir pour une production cotonnière rentable et durable. Attention à ne pas paralyser un secteur foncièrement important dans la balance commerciale du pays. Pour cela il convient de trouver au plus vite des solutions idoines afin de ramener sur le bon chemin, la structure, avant que la campagne agricole 2015 n'ouvre ses portes. Le coton est un produit stratégique pour l'économie du Burkina Faso. Il n'est donc pas souhaitable que le secteur bascule dans une crise.


Wanlé Gérard COULIBALY
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