Terres | Agriculture | foncier Production agricole au Burkina : 34% des terres sont dégradées

L’économie du Burkina est basée essentiellement sur son capital « terres et/ou ressources naturelles.

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Production agricole au Burkina : 34% des terres sont dégradées

Mais, sous les effets conjugués de l’action du climat et de l’action anthropique, ce capital subit une dégradation inquiétante mettant en péril le développement socio-économique du pays.

Actuellement, 9 234 500 ha de terres, soit 34% du territoire national, sont dégradées, selon une étude réalisée par la coordination nationale du programme national de partenariat pour la gestion durable des terres (CPP). Il est donc plus que nécessaire de mettre l’accent sur les actions à même de stopper cette dégradation continue.

C’est en vue de répondre aux défis de la gestion durable des terres (GDT) que le gouvernement burkinabè a initié le CPP. Pour une meilleure compréhension et partant, une appropriation du programme, la coordination nationale a initié une série de formations. Du 11 au 13 février 2015, une trentaine de journalistes ont bénéficié d’un atelier de renforcement de capacités sur la gestion durable des terres et les conflits liés au foncier. Cette rencontre avait pour thèmes : la « formulation des projets en gestion durable des terres » et les « gestion alternative des conflits liés au foncier ». Elle visait à susciter leur dynamisme d’appui au processus de gestion durable des terres au Burkina.

Un des résultats attendus de la coordination nationale du CPP porte sur la création d’un environnement institutionnel et politique propice et l’affermissement d’une plus grande prise de conscience sur l’importance de la gestion durable et équitable des terres pour le développement. C’est pourquoi, elle a conduit une étude qui a abouti à l’élaboration et à la validation en 2013 d’un plan de formation en matière de gestion durable des terres et de règlement des conflits liés au foncier.

Plus de 9 millions d’hectares dégradés

L’agriculture, l’élevage et la foresterie mobilisent en effet environ 85% de la population burkinabè et génèrent 2/3 des richesses nationales. Mais, selon les résultats de l’étude sus-citée, 34% du territoire national, soit 9 234 500 ha des terres de production sont dégradées en raison de causes anthropiques (croissance démographique, inefficiences politiques de développement) et climatiques. Pire, cette dégradation des terres est en progression continue. Elle est même estimée entre 105 000 à 360 000 ha par an.

Les conséquences immédiates ont pour noms : baisse de la productivité agricole et de l’élevage, perturbation des écoulements hydrologiques avec des diminutions de la disponibilité, de la qualité et de la fiabilité des eaux de surface et souterraines ; régression ou disparition de la végétation et de la biodiversité ; accroissement des émissions de carbone dans l’atmosphère, accentuant les changements climatiques ; accroissement de l’insécurité foncière et recrudescence des conflits… C’est dire donc que la dégradation du capital « terres » met en péril toute l’économie et partant la stabilité socio-politique du pays.

Changer les modes de production et de consommation

Des changements profonds dans les modes de production rurale et dans les modes de consommation s’imposent afin d’inverser la tendance. L’Etat burkinabè a procédé à l’adoption et ratification de plusieurs textes de lois sur la sécurisation foncière. A ces textes, s’ajoutent l’adoption d’une politique nationale de développement durable et l’élaboration de plans d’environnement pour le développement durable. Mais, le plus urgent demeure la prise de conscience élevée entre socio-économie et GDT (Gestion durable des terres).

Le CPP s’y engage. Mais, les besoins de financement de la GDT sont importants. Sur un budget estimé à plus de 800 milliards de francs CFA sur 15 ans, seulement 180 milliards ont été mobilisés ou ont été promis. En tous les cas, une application rigoureuse de la GDT permettrait d’intégrer les préoccupations liées à la préservation de l’environnement et corriger les disparités régionales en matière de développement.

Moussa Diallo
Lefaso.net
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