Tourisme Le Burkina Faso en ligne de mire

Le Burkina Faso est classé cinquième destination touristique en Afrique de l'Ouest après le Nigeria, le Sénégal, le Ghana, et la Côte d'Ivoire.

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Le Burkina Faso en ligne de mire

Le pays ambitionne aujourd'hui de figurer sur le listing des destinations de choix des hommes d'affaires et des professionnels du monde.

En 2010, le tourisme a contribué pour 8% au PIB national, avec une forte prédominance du tourisme pour motifs d’affaires et motifs professionnels. Depuis 2009, le solde « voyage », qui représente le tourisme dans la balance des paiements et qui regroupe les voyages à titre professionnels et ceux à titre personnel, a doublé par rapport à sa valeur en 2004.

Avec une progression de 566 millions de francs CFA, ce solde est passé de 1119 millions de francs CFA en 2009 à 1685 millions de francs CFA en 2011. Cette croissance est induite par la hausse des entrées nettes des voyages à titre professionnels qui se sont chiffrés à plus de 1623 millions de francs CFA.

Bien que ce solde « voyage » ait connu une amélioration, les chiffres de 2011 sont en légère baisse par rapport à ceux de 2010, où sur 427 026 arrivées, l’on a totalisé 262589 entrées pour des motifs professionnels. Au 31 décembre 2011, c'est un total de 256 239 entrées qui a été enregistré au titre des motifs professionnels. Ce recul de 12.8% intervenu à partir du mois d’avril est consécutif à la crise sociopolitique qu’a connue le Burkina Faso en 2011, suivie de la crise au Mali qui a également eu des répercussions négatives sur le secteur du tourisme.

De façon globale, le secteur du tourisme a connu une évolution positive en 2010 avec une croissance de 11% contre 2,8% en 2009. Pour 2011, l’ensemble du secteur (tourisme et hôtellerie) a généré des recettes de 55 038 697 877 f CFA, soit une amélioration de 0.2% par rapport aux chiffres de 2010. Cette progression s’explique par le flux important des entrées d’hommes d’affaires et de professionnels qui, au cours de l’année 2011, ont injecté dans l'économie du pays, une somme moyenne journalière de 53 657 f CFA par touriste. Par rapport à l’année 2010, cette dépense journalière par touriste a connu une hausse de 2.7%, améliorant de façon très sensible le solde « voyage » de la balance des paiements.

L’engouement des hommes d’affaires pour le pays est le résultat d'initiatives aussi bien étatiques que privées. Un coktail d'évènements riche des manifestations telles que le SITHO (Salon International du Tourisme et de l'Hôttelerie de Ouagadougou), le SIAO (Salon International de l'Artisnat de Ouagadougou), la SNC (Semaine Nationale de la Culture), la FILO (Foire International du Livre de Ouagadougou), le FESPACO (Festival Panafricain du Cinéma et de l'Audiovisuel de Ouagadougou), le SEMICA (Salon International de l'Energie, des Mines et des Carrières); est servi périodiquement aux touristes professionnels. Ces manifestations culturelles et économiques majeures sont d’une très grande importance et, d’après la Banque Mondiale, elles auraient eu un impact très positif sur le secteur tertiaire au cours de l’année 2010.

Entrées de touristes par pays au titre de l’année 2011

Classement

Nbre d’entrées

Pays

1er

141 106

France

2ème

55 124

Côte d’Ivoire

3ème

40 583

Mali

4ème

25 001

Amérique

5ème

24 562

Canada

6ème

20 794

Belgique

Les motifs d’entrées en 2011

Classement

Motif

 Valeur

1er

Professionnel et affaires

59.1%

2ème

vacances-loisir 

18.5%

3ème

visites à des parents et amis

10.9%

4ème

safari-chasse 

1.7%

5ème

traitement médical

1.5%

6ème

motif religion-pèlerinage

0.9%

Les données des tableaux ci-dessus indiquent une croissance marquée du tourisme professionnel et d’affaires, nonobstant la crise de 2011 qui a joué sur le nombre d'arrivées en 2011. En attendant les chiffres de 2012, l’on pronostique déjà une tendance à la hausse des entrées avec une croissance du secteur de 7% en moyenne. Il faut également compter avec la révision à la baisse de 25% des frais de nuitées à la faveur des résidents burkinabè et des étrangers vivant au Burkina Faso, toute chose qui va sans doute booster les déplacements intérieurs en 2013.

Si l’avenir du tourisme burkinabè augure d’un lendemain prometteur, L’Etat devra s’activer à l'aménagement et à la valorisation des sites touristiques, à l’élaboration d'un cadre institutionnel et normatif adapté et à la formation des acteurs aussi bien dans les structures administratives que privées. Ces actions vues comme des impératifs permettront une émergence certaine du secteur du tourisme au Burkina Faso. En attendant, formulons le vœu que la crise au Mali n’embrase pas la sous-région et ne plonge ce secteur émergent dans un marasme qui va encore retarder son décollage.

 BAMBIO Z. François          
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