oeufs locaux | aviculture Aviculture traditionnelle : ces œufs qui font des heureux !

Ils sont de plus nombreux, les vendeurs d’œufs qui prennent d’assaut les abords des artères de la capitale Ouagadougou aux premières heures de la journée pour écouler leur produit.

  •  
  •  
Aviculture traditionnelle : ces œufs qui font des heureux !

Venus pour certains de villages environnants, ces commerçants «saisonniers» tirent plutôt bien leur épingle du jeu.

Fin d’après-midi sur l’avenue de l’Armée au cœur de la capitale burkinabè. Il est 17 heures passé en ce jeudi soir du mois de juillet. Comme d’habitude à pareille heure, la circulation commence à être dense.

 Sur le bord de la route, assis sur une pierre les jambes croisées, Soumaila Tiendrébéogo scrute par moments la voie dans les deux sens en  quête de la moindre attention à son égard. Devant lui,  sur un étale fait de sac en plastique, des œufs (de pintade) conditionnés en sachets de quatorze. Dans un autre sachet de plus grande taille, il s’applique au lavage d’autres de même nature.

 « Si je les laisse en l’état, les clients croient qu’ils ne sont pas de bonne qualité, alors je les rends plus propres de cette manière en les débarrassant des saletés », explique-t-il.   La trentaine révolue, Soumaila dit être à cet endroit depuis 7 heures du matin et ne compte pas plier bagages avant 21 heures. 

Il exerce ce commerce informel des œufs depuis l’année 2004.  Ainsi, du mois de mai à celui d’octobre de chaque année, ce père de famille se consacre exclusivement à cette activité.  Et pour ce faire, il sillonne les marchés de Kokologho dont il est résident  à plusieurs dizaines de km de Ouagadougou au moyen de sa moto pour s’en approvisionner.

 Il l’écoule ensuite à Ouagadougou au prix de 1000 FCFA le sachet de quatorze œufs et à raison de 125000 voire 150000 FCFA le contenu du panier.  «J’arrive à écouler ma marchandise en deux jours et même si je dépense souvent 100000 FCFA ou un peu plus pour m’approvisionner, avec le bénéfice que je réalise, je fais face à nombre de besoins de ma famille », confie M. Tiendrebeogo.

 Installé à quelques mètres de Soumaila,  Roland Ouédraogo, est un lycéen d’une vingtaine d’âge dans la ville de Boussé. Depuis 2010 il s’adonne à cette activité pendant les vacances. Avec ce qu’il gagne, il dit honorer à chaque rentrée ses frais de scolarité qui s’élèvent à 70000 FCFA ainsi que d’autres besoins relatifs à ses études. 

Mais si les vendeurs ne se plaignent pas du marché il n’en est pas de même pour tous les clients. C’est le cas de Madame Sawadogo qui vient en effet de se procurer des œufs auprès de  Soumaila pour le prix de 2000 FCFA. Pour elle, le coût est relativement cher.

 « A la sortie de la ville il m’arrive d’avoir seize œufs à ce même prix mais ici ils  refusent d’en faire autant alors que parfois certains œufs sont de mauvaise qualité », se plaint-elle. Et les commerçants de se défendre. A les écouter, ils ne seraient pas entièrement comptables de cette situation.

  Le fait qu’ils se ravitaillent  à divers endroits expliquerait selon ceux-ci, la mauvaise qualité de certains ovules. « Si quelqu’un garde les œufs collectés plusieurs semaines avant de nous les vendre, il est possible que le processus de transformation soit déjà commencé », s’explique Soumaila.

 A propos des prix, Roland et ses collègues justifient ceci par les frais de transport et la perte qu’ils enregistrent lors de l’acheminement de la marchandise. « Il y a beaucoup d’œufs cassés à l’arrivée et si nous augmentons le nombre par sachet, nous ne faisons aucun bénéfice », affirme le jeune vendeur.  Pour l’heure, ces commerçants d’une saison ne sont pas obligés d’en arriver là.

 De Tampouy à Zogona en passant par Goughin et Dapoya le temps est aux bonnes affaires et  l’on se frotte  plutôt les mains. 

Voro KORAHIRE
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

  •  
  •  
Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 6142 fois Dernière modification le dimanche, 08 février 2015 13:09
BAMBIO Z. François
Dernières publications