Financement | investissements BURKINA FASO : financement des investissements

Pour accroitre ses potentialités et atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement, le Burkina Faso capitalise sur l’apport des investisseurs en améliorant le climat des affaires. 

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BURKINA FASO : financement des investissements

Un arsenal de dispositions a été mis en place par le gouvernement pour attirer les candidats à l’investissement. Il est regroupé au sein de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD), un instrument qui constitue le cadre de référence pour la période 2011-2015.

Au premier rang de ces mesures et actions, figure la nouvelle politique sectorielle de l’industrie, du commerce et de l’artisanat qui a été adoptée pour que le secteur privé contribue pleinement à l’essor économique du pays et à la création d’emplois. Le Burkina Faso s’est doté d'un Code de l’investissement attractif et d’un Code minier encore plus attractifs.

Des exonérations fiscales et douanières exceptionnelles sont octroyées aux opérateurs qui signeraient avec l’Etat une convention d’investissement d’au moins 25 milliards de F.CFA pour la création d’au moins 100 emplois permanents dans les trois années à venir. « Cette stratégie réaffirme le rôle de moteur de la croissance économique du secteur privé, et la volonté du gouvernement de l’associer à la réalisation des infrastructures et à la délivrance de service public à travers le Partenariat public-privé », nous indique Clarisse Hema, directrice de la communication du ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat.

Un avant-projet de loi et des textes d’application de partenariats public-privé sont également à l’étude, et une loi d'orientation des investissements est en cours de préparation.  L’objectif est de drainer des financements extérieurs, notamment pour le développement de l’énergie solaire et des énergies propres ainsi que dans le domaine des TIC. D’autres secteurs ont également été identifiés comme porteurs : l’agro-industrie et l’agrobusiness, l’industrie minière (en particulier l’or et le manganèse), la fabrication d’outils agricoles et les industries du cuir et du textile.  

Fonds d’investissement

Plusieurs structures ont été mises en place pour accompagner cette dynamique en faveur de l’entrée des capitaux, parmi lesquelles le Conseil présidentiel de l’investissement (CPI), créé en 2008. « Sa mission est d’organiser la réflexion et de formuler des recommandations sur les questions se rapportant au développement des investissements privés, publics, nationaux et étrangers », précise Clarisse Hema. De même, une rencontre gouvernement/secteur privé a été initiée, et un décret portant création d'une Agence de promotion des investissements (API) a été adopté. Cette dernière sera le levier opérationnel de toutes les initiatives de promotion et d’attraction des investissements directs étrangers (IDE).

Outre ces actions propres à l'administration, le système bancaire privé accompagne les investissements. Chaque année, un pool bancaire finance la  production et la collecte du coton burkinabè. « Pour la saison cotonnière 2011/2012, le crédit de campagne s’est élevé à 125,2 milliards de F.CFA : 50 milliards de F.CFA ont été attribués par le pool local constitué de la BOA, Biciab, BIB, Coris Bank, BCB, Banque Atlantique et Société générale, tandis que 75,2 milliards de F.CFA proviennent du pool offshore comprenant HSBC, BMCE, DZ bank, Attijariwafa bank et Société générale). Quant à la somme des IDE collectée de 2004 à 2011, elle représente 36,3 milliards F.CFA », fait remarquer Wilfried Yaméogo, secrétaire du suivi de la filière coton libéralisée. Le gouvernement encourage la prise de participation du secteur bancaire au financement des investissements. Dans cette perspective, il a installé le Fonds burkinabè de développement économique et social (Fbdes) dont le montant total des interventions s’élevait à 30 milliards de F.CFA au 31 décembre 201. Quelque 24 sociétés - des secteurs bancaire, du coton, des oléagineux, des fruits et légumes, des aliments pour bétail, du transport, du commerce et de l’énergie - ont ainsi pu bénéficier de participations ou de crédits d’investissement octroyés par le Fbdes. « En 2011, le fonds a généré 587 millions F.CFA de crédits d’investissements qui ont été ventilés entre 15 entreprises et pour 11,6 milliards de F.CFA de prises de participation qui ont bénéficié à sept sociétés. Pour l’année 2012, la dotation est de 500 millions de F.CFA et les produits des actions s’élèvent à 300 millions de F.CFA. 3,5 milliards de F.CFA de prises de participation seront affectées à au moins cinq sociétés et 800 millions de F.CFA de crédit d’investissements seront répartis entre 17 sociétés », indique Hippolyte Dah, directeur général de la promotion de l'entreprise au ministère de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat. Il ajoute qu’une dotation exceptionnelle peut être programmée lorsqu’un projet présente un intérêt particulier pour l’Etat, comme c’est le cas pour l’ouverture d’une filature à Bobo-Dioulasso.

L’Agence de financement et de promotion des Petites et moyennes entreprises (AFP-PME) est un autre fonds, qui intervient en appui aux PME, et bénéficie des ressources de l’Etat. Ses missions consistent à offrir des produits financiers sous forme de crédit d’investissement et d’exploitation (à court, moyen et long termes) et de fonds de bonification. L’AFP-PME opère en synergie avec les banques, les établissements financiers et toutes les structures d’appui aux PME/PMI. Il propose aussi un accompagnement à la formation, à l’information et à la gestion d’entreprise. « L’AFP-PME intervient aussi bien dans le secteur primaire (les activités agro-pastorales et agroalimentaires), que dans le secteur secondaire via les activités industrielles, de transformation et d’exploitation des produits locaux, ou encore dans le secteur tertiaire (activités de services et prestations diverses) », souligne Hippolyte Dah.

 Paru dans African Banker – Juillet-Août-Septembre 2012
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