Banques Le secteur bancaire burkinabè : soutien au développement économique national

Le secteur bancaire burkinabè est sans conteste l’un des secteurs en pleine croissance.

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Le secteur bancaire burkinabè : soutien au développement économique national

Le pool bancaire est, en effet, passé à douze (12) banques en 2008 avec l’arrivée remarquée de Coris Bank Internationale International (CBI) dès janvier 2008.

A la fin de l’année 2009, l’effectif était repassé à onze (11) banques après le partenariat stratégique tissé par la BIB et le groupe UBA en novembre 2008 suivi de l’absorption de la BACB par EcoBank en juillet 2009. En 2010 déjà, après cette effervescence, les résultats sont notoires pour l’ensemble du secteur et l’on chiffre à environ 575.000 le nombre de comptes ouverts pour la seule année 2010, pour un bilan total estimé à 858,1 milliards de francs CFA malgré le faible taux de bancarisation (seulement 700 000 burkinabè disposent d’un compte bancaire, soit 6,2% du potentiel) ou encore le poids du tissu économique des PME et des entreprises existantes au Burkina Faso.

Après cette effervescence du secteur, la place financière du Burkina toujours convoité a encore  enregistré l’arrivée d’un nouveau. Il s’agit du marocain Attijariwafa Bank qui a rétablit à treize (12) le nombre d’acteurs du secteur.

Le tiercé à la tête du peloton              

 ECOBANK, Chef de fil du pool

Chef de file du pool bancaire national, EcoBank est passé de la 4ème à la 1ère banque du Burkina Faso, après le rachat à 8,55 milliards de F.CFA de la banque Agricole et Commerciale du Burkina (BACB). C’est la première banque présente dans les treize (13) régions du pays avec quarante (40) agences déployées à travers le territoire national. A la fin d’année 2010, la banque possédait 21% en moyenne de part du marché national et 18,77% en ressources collectés. Le bénéfice net consolidé du Groupe Ecobank a connu une progression de 34% au premier semestre 2011. Ce bénéfice est passé de 70,247 millions de dollars (environ 35,099 milliards FCFA) au 30 juin 2010 à 93,842 millions de dollars (environ 43,266 milliards FCFA), soit une augmentation de 23,595 millions de dollars au 1er semestre 2010.

Toujours au 1er semestre 2011, le total du bilan s’est renforcé de 31%, passant à 11,8 milliards de dollars (5. 361 milliards FCFA). Quant au produit net bancaire (équivalent du chiffre d’affaires pour une entreprise ordinaire, il s’établit à 505,5 millions dollars (233 milliards FCFA), soit une progression de 24%. Le résultat avant impôt, dans la même période, a augmenté de 30% à 133,8 millions de dollars (62 milliards FCFA).

BANK OF AFRICA

Arrivée sur la place financière de Ouagadougou en 1998, Bank Of Africa (BOA) et classée 2ème dans le peloton de tête des banques du pays selon les chiffres de l’association professionnelle des banques du Burkina Faso, BOA se déploie à travers un réseau constitué de 21 agences implantées sur l'étendue du territoire national. A la fin 2010, BOA enregistrait 13,57% en emploi et 15,47% de part de marché en ressources. La Bank of Africa Burkina a d’ailleurs augmenter son capital par apport en numéraires de 650 millions de FCFA (environ 1,300 million dollars) et le nouveau capital de la société est donc passé de 7.350.000.000 (sept milliard trois cent cinquante millions) de francs CFA à 8.000.000.000 (huit milliard) de francs CFA.

Les objectifs visés par les dirigeants de BOA Burkina à travers cette augmentation sont notamment de renforcer les moyens financiers de la banque pour la poursuite de son développement ainsi que l’amélioration et la consolidation des ratios prudentiels édictés par la réglementation bancaire. 

La Bank Of Africa Burkina a réalisé un résultat net de 3,5 milliard au troisième trimestre 2011. Le 1ertrimestre 2011 a été marqué par un retour à la normale du climat sociopolitique burkinabè. En dépit de ce contexte difficile pour tous les acteurs, la Bank Of Africa-Burkina Faso continue de consolider sa 2ème place sur le marché des ressources avec une part atteignant 16,5% en août 2011. Se bonifiant ainsi de 19,8% et de 21,9% en un an, les ressources et les crédits de la clientèle s’établissent respectivement à 210,9 Milliards de FCFA et à 128,6 Milliards de FCFA en septembre 2011. Le Produit Net Bancaire de la BOA a progressé de 26,2% pour s’établir à 11,6 Milliards de FCFA en septembre 2011. Le Résultat Net après charges fiscales se chiffre à 3,5 Milliards de FCFA contre 2,4 Milliards de FCFA en septembre 2010.

CORIS BANK INTERNATIONAL

Coris bank International (CBI) enregistre 14,82% en emploi et 13,82% en ressources au titre de l’année 2010. La Banque africaine d’import-export (Afrexim­bank) a accordé, en juillet 2011, un financement de 8 millions € (5,2 milliards de F.CFA) à Coris Bank International (CBI). A la même période, une convention de prêt a été paraphée avec la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) qui finance Coris Bank International à hauteur de 4 milliards de F.CFA.

Courant l’année 2011, CBI s’est doté d’un code déontologique visant à renforcer davantage la qualité et le professionnalisme au sein de l’établissement.

Sa présence est aujourd’hui marquée par le déploiement de 12 agences implantées à travers le territoire national et son ambition reste la conquête de la diaspora burkinabé. La banque est en pleine croissance et pourrait d’ici à la fin de l’année 2012, améliorer sa position sur la place financière du pays.

QUELQUES ACTIONS DE SOUTIEN AU DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE NATIONAL

Les grands projets d’équipement et d’infrastructures requièrent le concours des banques. On trouve plusieurs partenaires bancaires parmi lesquels la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), laquelle a financé le renforcement de l’axe routier Ouagadougou-Po, à la frontière du Ghana. Elle a accordé - avec la Banque africaine de développement (BAD) - un prêt à l’Etat burkinabé. De même, la BOAD intervient sur un projet hydro-agricole dans le cadre de la politique de développement durable du pays. Le coût total de l’opération qui est estimée à 13 707 M FCFA, est financé à concurrence de 6 500 M FCFA par la BOAD, tandis que 5 381 M FCFA sont apportés par la Banque islamique de développement (BID), 1 077 M FCFA par l’Etat burkinabé et 750 M FCFA par le Réseau des Caisses populaires du Burkina (RCPB). L’institution bancaire ouest-africaine a également apporté son soutien, en mai 2010, à l’opérateur de téléphonie mobile Telecel Faso, en lui accordant 7 milliards 150 millions F.CFA.

Pour ce qui est de ECOBANK, elle a consenti un prêt d’un montant de 77 milliards de FCFA (152 millions de dollars américains) à la Société des Fibres et Textiles du Burkina (SOFITEX). Cet appui vise à accompagner la campagne 2011 – 2012. 65 milliards de ce montant servirait à l’égrenage et à la commercialisation.

FINANCEMENT DES PROJETS D'ENTREPRISES

Une plus forte  contribution de la part des banques est attendue pour financer l’exploitation et les investissements des entreprises opérant  dans les secteurs dynamiques que sont l’agriculture et l’élevage, l’industrie textile, l’agroalimentaire, l’artisanat et les activités de services. Pour soutenir encore davantage l’essor de l’économie, plusieurs banques proposent leur appui.

Ecobank Burkina, qui a acquis 90 % du capital de la Banque agricole et commerciale du Burkina (BACB), fait partie du nombre. Avec une part de marché de 11,85 % pour les actifs à risque, l’établissement finance les projets entrepreneuriaux. Le groupe Ecobank, qui offre des capacités de transaction sur vingt devises africaines, permet de mettre en relation des partenaires dans chaque marché local et d’offrir une porte d’entrée unique à tous les investisseurs internationaux.

Si une pléthore de projets est financée par les banques, d’autres organismes se greffent pour soutenir l’activité économique du Burkina Faso. C’est le cas de la So­cié­té de fi­nan­ce­ment de la pe­tite en­tre­prise (So­fipe), récemment créée par la BACB, et qui est destinée aux petites entreprises.

L’effort de développement de l’économie burkinabé est également soutenu par la Banque sahélo-saharienne pour l’investissement  et le commerce (BSCI), l’instrument financier de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad). Il se caractérise par des crédits de campagne, des cautions diverses, des fi­nan­ce­ments de tré­so­re­rie et d’in­ves­tis­se­ments, ainsi que des crédits d’équipement, notamment en direction des agriculteurs burkinabés. En cela, il participe au financement des investissements productifs. En 2010, le capital de la filiale été augmenté, passant de 8,6 milliards F.CFA à 10,2 milliards F.CFA.

Coris bank international est, de la même manière, un partenaire des entreprises. La banque est intervenue sur la mise en place de lignes pour des huileries de coton et elle reconduit l’opération avec le karité.

Le groupe Banque atlantique, qui a ouvert en 2010 son capital à la BOAD, se positionne sur le segment du commerce régional de l’UEMOA en finançant des PME-PMI. Présent depuis 2006 au Burkina Faso, il offre aux entreprises des possibilités de crédits à court et moyen terme qui sont destinés au financement d’activités d'import/export et à leurs besoins en fonds de roulement.

Le Réseau des Caisses Populaires du Burkina (RCPB), dont la particularité est de s’adresser à ceux qui ont difficilement accès aux services financiers conventionnels, fonctionne de son côté sur le principe de coopérative d’épargne et de crédit. L’institution financière s’est assignée comme mission de collecter l’épargne de ses adhérents pour la redistribuer sous forme de crédit à ceux qui souhaitent se lancer dans la création d’une activité lucrative. Sont ainsi proposés des crédits dédiés aux activités agricoles, des crédits commerciaux, d’autres à des projets communautaires, aux femmes…

A la Banque régionale de solidarité (BRS-Burkina), l’objectif est le même. Il consiste à financer des activités génératrices de revenus, à promouvoir l'emploi indépendant et l'émergence de micro entreprises.

BAMBIO Z. François, pour Investir-bf.info
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