Mines : contexte morose pour un secteur en plein renouveau

Le secteur minier burkinabè subit de plein fouet les effets de la crise au niveau international.

  •  
  •  
Photo utilisée à titre d'illustration Photo utilisée à titre d'illustration - Crédit photo : jobboom.com

En 2014 l’ensemble des autorisations et titres miniers ont rapporté au Trésor Public burkinabè, 168 493 466 552 de F CFA contre 191 408 419 254 de F CFA en 2013, soit une baisse de 12%. Cette baisse est imputable principalement à la chute des cours de l’or qui, en 2014 était de 1 282,62 dollars l’once contre 1 477,80 dollar l’année précédente.

Au cours de l’année 2014, les pertes d’emplois ont été importants dans les compagnies de recherche et dans celles de sous-traitants, notamment les entreprises de forages miniers et les laboratoires d’analyses. La crise financière qui secoue le secteur a induit une raréfaction des financements et, par ricochet, le ralentissement de l’activité de recherche. Dans certaines compagnies les activités de recherche ont même été stoppées.

Dans l’ensemble les activités de recherche et de sous-traitants ont ralenti de 60% en 2014. Ce ralentissement pourrait perdurer et même mettre en péril la pérennité de la production minière. En effet, depuis juillet 2013, on assiste de plus en plus au gel d’emplois dans le secteur.

Pour réduire les effets de la baisse des cours de l’or et la raréfaction des financements du fait de l’attentisme des investisseurs face à une situation nationale incertaine, le Gouvernement a renforcé l’encadrement des projets avancés, et diversifié les sources de recettes par l’exploitation des substances de carrières.

Ainsi, des actions de promotion du sous-secteur des carrières ont induit une hausse du nombre d’autorisations d’exploitation de substances de carrières qui est passé de 55 en 2013 à 62 en 2014. A terme, la mise en œuvre du plan stratégique décennal de développement de l’exploitation des substances de carrières pourrait permettre d’accroître de façon significative la contribution de ce sous-secteur à la création d’emplois et à la mobilisation des recettes au profit du budget de l’Etat.

Les problèmes de cohabitation entre les mines et les populations riveraines, entre l’exploitant artisanal et l’exploitant industriel, ainsi que les différentes revendications des travailleurs des mines, ont également joué négativement sur la performance globale du secteur en 2014.

A cette situation déjà préjudiciable à la santé du secteur, s’ajoutent les pertes subies par les investisseurs du fait des saccages perpétrés sur les mines au dernier trimestre de 2014. L’Office National de Sécurisation des Sites Miniers a organisé au cours du mois de mars 2015, une tournée de sensibilisation à l’endroit des populations riveraines, de sorte à rassurer les investisseurs.

Malgré ce léger coup de mou, l'activité minière à fait montre de dynamise courant l'année 2014. Quatre (04) nouveaux permis d’exploitation industrielle de grandes mines dont une (01) de manganèse et trois (03) d’or ont été octroyés. La production aurifère a connu une hausse de 32 tonnes en 2013 à 36 tonnes en 2014, le nombre de comptoirs d’achats d’or et d'autorisations d’exploitation de substances de carrières ont augmenté. Mais le plus grand changement a été l'adoption d'un nouveau code minier en juin dernier.

Le secteur minier burkinabé est en plein repositionnement malgré les difficiles moments et l'on espère une réaction favorable des investisseurs vis-à-vis du nouveau code minier.

Une synthèse de BAMBIO Z. François, pour investirauburkina.net

  •  
  •  
Dernières publications