Comptoirs d’achat | Orpaillage | or Commerce de l'or au Burkina Faso : 74 comptoirs d’achat, des circuits frauduleux

La dynamique du secteur minier a hissé le Burkina Faso au 4ème rang des pays producteur d’or en Afrique.

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Photo utilisée à titre d'illustration Photo utilisée à titre d'illustration - Crédit photo : interet-general.info

A côté des exploitants industriels, la filière aurifère burkinabé se caractérise par un nombre élevé de sites artisanaux et de comptoirs d’achat d’or parfois en situations irrégulières.

La fraude et la baisse du cours d’achat de l’or, ont induit une baisse de 51.8% de la production artisanale d’or attendue en 2014. Selon le Ministère des mines et de l’Energie, le Burkina Faso compte 74 comptoirs d’achat, de vente et d’exploitation d’or agréés en 2015. La commercialisation de l’or produit artisanalement au Burkina Faso est régie par le décret N°2006-29/PRES/PM/MCE/MFB/MCPEA/SECU du 20 décembre 2006 et l’arrêté interministériel N°2009-001/MCE/MEF/MCPEA du 3 février 2009 portant conditions d’agrément et cahier de charges pour l’achat, la vente et l’exploitation de l’or au Burkina Faso.

La plupart des comptoirs d’achat d’or ne respectent malheureusement pas la règlementation en vigueur au BurkinaFaso. En 2013, à la suite d'un contrôle, il ressortait que, sur 12 comptoirs, seulement 6 ont pu être localisés et contrôlés. Sur ces comptoirs contrôlés, 5 comptoirs sur les 6 n’étaient pas conformes au cahier de charges, n’étaient pas à jour de leur dépôt de 5 millions de FCFA au trésor public et ne tenaient pas de registre de vente antérieures.

Le pays compte aujourd’hui environ 800 sites d’orpaillage clandestins et 200 unités d’exploitation artisanales officiellement reconnues (MMCE, 2011). Les détenteurs des titres miniers sont assujettis à un cahier de charges qu’ils sont tenus de respecter au plan environnemental, social et économique.

Ces dernières années des circuits parallèles du commerce de l’or se sont développés, occasionnant des pertes annuelles de plusieurs milliards de FCFA pour l'Etat burkinabé.

Comme fait récent, trois personnes ont été interpellées par la Brigade spéciale des douanes de l’aéroport de Ouagadougou en novembre 2014 avec 77 kg d’or, qu’elles tentaient d’exporter frauduleusement hors du Burkina Faso. Le responsable de ladite société de vente d’or effectuait depuis quelques temps en moyenne deux expéditions par mois, avec des quantités d’or variant de six à trente kilogrammes.

En dehors de ces cas, des circuits frauduleux plus organisés existent. En 2014, selon une ONG Suisse, la Suisse aurait importé au moins 7 tonnes d’or venues du Togo, alors que ce pays n'en produit pas. La Déclaration de Berne aurait remonté la filière jusqu'à des mines artisanales burkinabè. Il ressort ainsi que, chaque année, des tonnes d’or extrait des mines du nord et de l’ouest du Burkina Faso, d’une valeur de plusieurs dizaines de millions d’euros sont importées frauduleusement à partir du Togo. Ce seul circuit ferait selon l’ONG Suisse une perte fiscale de près de 3,5  milliards de F CFA (5,35 millions d’euros) pour l’Etat burkinabè.

Une meilleure régulation du secteur aurifère s’avère un impératif. La production d’or du pays est, en effet, passée de 1,3 tonne en 2005 à 30,9 tonnes en 2014. Ces chiffres officiels ne prennent  en compte que 15% de la quantité d’or issue des exploitations artisanales.

Une synthèse de BAMBIO Z. François, pour investirauburkina.net

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