En exclusivité : entrevue avec Frank ZONGO, styliste mode

Frank Zongo, c’est d’abord une marque: Zongo Design. C’est au début des années 2000 que M. Zongo débarque du Burkina Faso en France, d’abord pour entreprendre des études en arts déco.

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En exclusivité : entrevue avec Frank ZONGO, styliste mode

De fil en aiguilles, il finira par mettre à profit son expérience du recyclage dans le mobilier, la décoration et la couture. Depuis, en plus d’accumuler les défilés, il a pu rencontrer Jean Paul Gaulthier et a pu travailler avec un des top model de la collection Yves Saint Laurent, au Luxembourg. En plus d’être un créateur recycleur, il distribue ses créations dans des boutiques à Paris et une à Copenhague.

Pour vous, nous nous sommes entretenus quelques instants avec Franck Zongo, voici notre entretien.

Burkina24 (B24): Le concept Zongo c’est un concept où les créations sont 100% récupération de vêtements? D’où viennent les matières récupérées?

Franck Zongo (FZ): Oui, c’est une manière de redécouvrir les vêtements et en faire la matière première de mes créations. J’assemble, mixte et déstructure les tissus et détourne les habits de leur fonction première. Ces matières viennent essentiellement de l’association Emmaus et des fins de série de grandes marques.

B24: Un mot, «Fashion», c’est quoi pour vous la mode?

FZ: La mode pour chacun de nous est dans sa conception d’un monde de plus en plus beau au quotidien.

B24: D’où tirez-vous vos inspirations?

FZ: Je m’inspire des vêtements avec une histoire de la culture africaine et du côté urbain de grandes métropoles, des fils aussi comme Barry Lindon de Kubrick m’ont beaucoup inspirés.

B24:Pensez-vous que le monde de la mode a un rôle dans notre société? Si oui, lequel?

FZ: Le monde de la mode joue déjà un rôle dans notre société. Je pense qu’il doit agir pour la dignité et la liberté de l’homme. Que les gens soient libres. Quand les fabricants de grande marque font travailler des enfants, sans qu’ils puissent subvenir a leurs besoins, c’est pas ma vision de la mode aujourd’hui. C’est un métier qui peut permettre de vivre décemment et dignement.

B24: Certains disent que lorsqu’on parle de mode africaine, on voit la plupart du temps les clichés d’imprimés «zèbres», «léopards»…êtes-vous du même avis?

FZ: Non, pas du tout, parce que la mode africaine est multiple, elle est diversifiée. En fonction des régions d’Afrique, la mode n’est pas perçue de la même manière. Le design textile africain a été conçu par des femmes, ce sont des femmes qui ont conçu tout ce qui est relatif au design. La façon de dessiner une société, de la plupart des cultures africaines.

B24: Selon vous, de quoi ont le plus besoin les designers africains (dont vous) pour réussir?

FZ: Ils ont besoin de plus de visibilité et l’industrie textile africaine a besoin d’être professionnalisée pour permettre aux designers de vendre leurs produits et de les faire connaitre dans le monde entier. Parce que le design africain a un potentiel énorme et un tissu économique conséquent.

B24: Malgré les paillettes et le glamour, c’est quoi votre réalité du métier et du monde fermé de la mode?

FZ: C’est difficile. C’est le travail d’atelier, la couture, la recherche, c’est aussi la recherche de financement et de débouchés pour vendre nos produits. La réalité est donc très difficile. C’est passionnant, mais difficile à mener au quotidien. Par contre, c’est un peu plus facile en France qu’au Burkina. Au Burkina vous n’êtes pas reconnus en tant que métier, ca commence a être reconnu, parce qu’il y a eu des pionniers, mais on a du mal à être reconnu. Déjà il n’y a pas d’école où on peut former des stylistes, il n’ ya pas d’écoles supérieures, du coup, le métier n’est pas valorisé comme en France. En France, c’est aussi difficile, mais on arrive à se créer un petit chemin.

B24: Qu’est-ce que vous pensez de Burkina 24 et ce que ce média peut faire pour vous?

FZ: Je pense ce média est un média qui fait un bon travail pour donner de la visibilité aux designers. Je pense que c’est un média qui peut permettre à la mode burkinabé de se faire connaitre à travers internet et tout les supports qu’il utilise. J’ai vu qu’il y avait pas mal d’entrevues.

B24: Quels sont vos prochains projets dans les années futures? Ambitions?

FZ: De pouvoir faire un défilé haute couture à Paris et développer mon concept et ma marque au niveau de l’international, travailler dans des villes comme Londres, New York et peut-être Montreal.

B24: Vous pensez vous installer au Burkina Faso dans le futur?

FZ: Oui, bien sur, j’aimerais pouvoir créer une boutique de mode «mode bio-éthique» qui va travailler sur tout ce qui est textile bio et recyclage de matières et de vêtements.

B24: Où peut-on voir vos créations?

FZ: Sur Facebook (Zongo Design), j’ai aussi un site internet: http://zongo.is.free.fr/ Il y a aussi une boutique So So de créateurs la collection homme, sinon j’ai ma boutique sur Vitry-sur Seine en banlieue de Paris.

B24: Où peut-on vous voir prochainement?

FZ: C’est au mois de Juin à Vitry-sur-Seine. Je ferai un défilé, et je serai à Ouagadougou le 11 Avril 2012.

Interview réalisé par Judith François Langevin

Pour voir d’autres items de la collection Franck Zongo: http://www.facebook.com/pages/Zongo/30089056917 et http://zongo.is.free.fr

Source:http://www.facebook.com/franck.zongoFranck Zongo

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