Huileries | SN Citec | huiles Huileries : tout ne baigne pas dans l'huile pour les huiliers burkinabé

Le marché des huiles alimentaires est en nette progression au Burkina Faso.

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Photo utilisée à titre d'illustration Photo utilisée à titre d'illustration - Crédit photo : jeuneafrique.com

De 6.7 milliards de francs CFA en 2005, la valeur des importations d’huiles alimentaires a atteint 14.6 milliards de francs CFA en 2013. Cette valeur est en partie expliquée par la part des importations d’huile de palme, la plus consommée, dont le volume a triplé sur la dernière décennie, en  passant de 20,2 tonnes en 2005 à 64,6 tonnes en 2014. Pour la Rédaction de Investirauburkina.net, la facture globale des importations d’huiles alimentaires devrait avoisiner 150 milliards de francs CFA d’ici à l’horizon 2020.

A côté des huiles étrangères, les huileries du Burkina Faso produisent annuellement en moyenne 35.000 tonnes d’huiles alimentaires commercialisées sur le marché local dont la demande est d’environ 70.000 tonnes d’huile par an.

La SN Citec, la plus grande et la plus ancienne huilerie du pays, a une capacité maximal de production de 20.000 tonnes d’huile par an, avec une part de marché se situant entre 20 et 25%. En 2015, l'huilerie a produit environ 17 500 tonnes. De sa création en 1995 à 2015, elle a effectué plus de 19 milliards de F CFA d’investissements et en moyenne 15 milliards de F CFA de chiffres d’affaires par an sur les dix dernières années. Au titre des emplois, cette nationale des huiles emploie 250 salariés permanents et 300 journaliers.

Autour de la nationale des huiles, gravitent d’autres huileries modernes de bonnes capacités. Ce sont entre autres, SOFIB, Watam, Huilerie Nouvelle, Huilerie Ba Mariam.

Si l’entrée d’huiles étrangères en complément de la production nationale est logique, ces importations pour la plupart ne respectent pas les cordons douaniers ou sanitaires, ce qui représente d’importantes pertes de recettes pour l’Etat et surtout exacerbe la concurrence déloyale à l’égard des huileries locales.

La situation des huileries burkinabè est donc extrêmement critique. Malgré leur part de production assez faible par rapport à la demande du marché, les huileries locales croulent sous le poids de la mévente, menacées par les importations anarchiques d’huiles et les produits frauduleux déversés sur le marché par les unités clandestines de fabrique d’huiles. Les rayons des commerces sont bondés de produits oléagineux venus de Côte d’Ivoire et d’Asie pour la plupart, ceci au détriment de l’huile « savor » marque de la SN Citec et des autres huiles « made in Burkina ».

Ces dernières années, on assiste à la prolifération des fabriques clandestines d'huiles à base d'ingrédients toxiques. Faits récents, en mars 2015, environ 18000 litres d’huile frelatée ont été saisis dans les encablures de Ouagadougou. Un mois après, soit en avril, a suivi la saisie d’au moins 25 000 litres d’huile impropre à la consommation à Bobo-Dioulasso, la 2ème ville du pays. Outre ces quantités importantes, de petites quantités sont fréquemment saisies et présentées à la Presse.

Face à cette catastrophe, le gouvernement a pris des mesures saluées des acteurs de l’industrie oléagineuse en février 2014, en décidant de faciliter l’écoulement de la production locale, par l’achat d’huile par la SONAGESS (Société Nationale de Gestion des Stocks de Sécurité) d'une part et par des mesures de préférence nationale de la chaine publique notamment à travers les cantines d'autre part. Ces mesures, déjà en application, restent insuffisantes. On attend de l’Etat qu’il facilite également l’écoulement de la production des huiliers locaux à travers les commandes publiques. L'une des actions attendues est aussi la diminution du prix du coton graine, la matière première la plus utilisée pat les huileries.

Au-delà de ces mesures incitatives, les huiliers voient en la protection modérée de l’industrie locale, un espoir pour booster les huileries locales. Tout compte fait, il est impératif de sauver les huileries locales et de revenir au célèbre slogan économique lancé par le Président Thomas SANKARA sous la Révolution : « produisons ce que nous consommons, consommons ce que nous produisons ».

BAMBIO Z. François, pour investirauburkina.net

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