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Riz

Le riz, denrée alimentaire de première nécessité au Burkina Faso, revêt une importance stratégique dans la composition du « panier de la ménagère » burkinabè.

La production de riz au Burkina Faso a plus que triplé sur les cinq dernières années, passant de 93 516 tonnes en 2005 à 350 392 tonnes en 2018.

Malgré l’augmentation des superficies rizicoles, l’utilisation plus accrue de semences améliorées et d’intrants (pesticides, engrais, fertilisants etc.), la production nationale reste en deçà de la demande.

Le pays continue de recourir aux importations de riz pour satisfaire un besoin annuelle estimée à 650 000 tonnes de riz couverte à plus de 60% par le riz importé. La demande de riz est en hausse constante du fait de la combinaison de plusieurs facteurs notamment la démographie, les modes de consommation et l’urbanisation.

Le riz reste indéniablement une niche rentable et une opportunité qui fait la fierté des importateurs et commerçants du riz.

Les acteurs de la filière riz au Burkina Faso

Deux grandes catégories d’acteurs interviennent dans la filière riz au Burkina Faso. Il s’agit des acteurs directs et des acteurs indirects.

Acteurs directs

Les acteurs directs sont ceux qui manipulent le produit et/ou se l’approprient par un acte d’achat et/ou de vente.

Les producteurs de riz

Les producteurs de riz assurent les tâches de préparation du sol, de réalisation des pépinières, de semis/repiquage des plants, d’entretien des parcelles, de récolte, de transport, de stockage/conservation et de vente.

On distingue trois groupes de producteurs selon les systèmes de productions utilisés:

Les producteurs qui pratiquent la riziculture pluviale stricte: Les performances de ces producteurs sont tributaires de la répartition et de la quantité de pluies tombées. Ces producteurs occupent 10% des superficies dévolues au riz et fournissent 5% de la production.

Les producteurs du riz de bas-fonds : Ces producteurs pratiquent leur activité soit dans des sites sans maîtrise de l’eau (bas-fonds traditionnels), soient dans des sites avec maîtrise partielle de l’eau (bas-fonds simples améliorés et bas-fonds améliorés). Ce type de riziculture est généralement pratiqué le long des rivières. Cette deuxième catégorie de producteurs occupent 67% des superficies totales exploitées et fournissent 42% de la production nationale.

Les producteurs du riz en système irrigué : Ces producteurs sont les plus performants avec des rendements variant de 4 à 7 tonnes/ha. Ils pratiquent leur activité dans des sites en maîtrise totale de l’eau, ce qui leur permet d’accroître les rendements. Ils occupent 23% des superficies rizicoles et fournissent 53% de la production nationale du riz.

Les Collecteurs de riz

Les collecteurs du riz sont des acteurs importants du maillon de la transformation et de la commercialisation. Ils sont chargés des achats de riz auprès des producteurs, du transport et de la manutention au profit des grossistes ou des transformateurs. Ils agissent en qualité d’intermédiaires et interviennent surtout à la période de récolte. Ils collectent moins de 5% de la récolte nationale de riz.

Commerçants de riz

Les commerçants sont des acteurs qui assurent la vente du riz au Burkina Faso. On peut les classer en trois catégories selon leur capacité de stockage : grossistes, demi-grossistes, détaillants.

Les grossistes : Ils assurent le transfert des produits, des marchés ruraux vers les marchés de consommation où ils vendent aux revendeurs détaillants et aux consommateurs. Ces grossistes disposent de capacités de stockage du riz de plus de 500 tonnes ;

Les demi-grossistes : Ils sont caractérisés par la vente courante de volumes plus réduits du riz par opération d’approvisionnement qui n’implique pas nécessairement les grossistes. Ils ont des capacités d’entreposage modestes (inférieures à 100 tonnes) ;

Les détaillants : Ils jouent un rôle de proximité et mettent à la disposition du consommateur des quantités désirées.

Les transformateurs de riz

La transformation primaire (transformation du paddy) constitue la principale alternative pour la valorisation du riz au Burkina Faso. Il existe deux types de transformation primaire. Il s’agit de l’étuvage et de l’usinage.

Concernant l’étuvage, il est essentiellement pratiqué par des femmes, dites étuveuses. Elles traitent 52% de la production nationale de paddy et leur effectif est estimé à 16 416. Certaines sont organisées en une union nationale des étuveuses du riz.

Quant à l’usinage du riz, il est assuré par des unités semi industrielles et industrielles qui sont concentrées autour des grandes villes (Bobo-Dioulasso, Ouagadougou) et des grands sites de production (Banzon, Sourou, Bagré). Ces unités totalisent plus de 30 000 tonnes/an de capacité de transformation de la production nationale en riz blanchi.

En plus de ces unités, on dénombre des centaines d’unités artisanales de décorticage (moulins villageois ou de quartiers) qui sont des prestataires auxquels ont recours la majorité des étuveuses et certains producteurs.

Il convient de noter qu’en plus de la transformation primaire (usinage et étuvage), certains acteurs font de la transformation secondaire du riz. Les produits transformés qui en résultent sont essentiellement la Farine de riz et le couscous de riz.

Les consommateurs de riz

Les consommateurs sont les utilisateurs finaux du riz et sont constitués des ménages, des restaurants, des hôpitaux, des cantines, des internats, hôtels, kiosques etc. 

En plus de ces acteurs directs, d’autres acteurs non moins importants interviennent dans le développement de la filière.

Acteurs indirects

Les acteurs indirects de la filière riz interviennent dans le transport, le financement de la production de riz, le conseil et l’encadrement des producteurs de riz. Ce sont les fournisseurs d’intrants et d’équipements, les institutions de crédit, les transporteurs, les institutions en charge de la recherche, de la vulgarisation, les partenaires techniques et financiers.

Le Comité Interprofessionnel du Riz du Burkina (CIR-B)

Le CIR-B est une association non lucrative, fondée en mai 2001, née de la volonté des professionnels intervenant dans la filière riz et regroupe les producteurs de riz, les étuveuses, les transformateurs, industriels et semi-industriels, les commerçants et les transporteurs. Il intervient sur tout le territoire du Burkina Faso et a établi son secrétariat exécutif à Bobo-Dioulasso.

La structure travaille à promouvoir la filière rizicole et est chargée de:

  • Préparer les actions de relance en concertation avec les acteurs impliqués;
  • Favoriser la concertation entre acteurs pour assurer une réflexion permanente sur une harmonisation des positions, l’adoption d’un code de conduite sur les prix et la qualité ;
  • Promouvoir, définir et gérer les accords interprofessionnels et la contractualisation entre membres;
  • Promouvoir la professionnalisation des différents maillons à travers la formation des membres;
  • Représenter et défendre les intérêts de la filière auprès des tiers – Etat, agences de développement et autres partenaires;
  • Collecter, traiter et diffuser des informations stratégiques aux membres, ainsi que créer un outil statistique sur la production et la commercialisation des produits;
  • Gérer les fonctions communes et organiser toutes les rencontres nécessaires : recherche, formation et appui/conseil aux producteurs, contrôle de la qualité, élaboration d’un cahier de charges commun à tous les acteurs concernés de la filière, simplification des procédures et proposition de taxation, interface entre l’Etat et les acteurs de la filière riz.

Riz du Burkina, un faible niveau de consommation

Plusieurs facteurs limitent la consommation du riz produit au Burkina Faso. Parmi ces facteurs limitant, la faible disponibilité et le prix élevé sont les plus décriés par les burkinabè.

Hormis ces facteurs, la présence d’impuretés, le faible gonflement à la cuisson et la difficulté de cuisson sont quelques fois citées par les consommateurs.

Outre ces facteurs, certains consommateurs apprécient moins le goût du riz local, son caractère peu tendre, son parfum et la longueur des grains par rapport au riz importé.

En définitive, les principaux facteurs qui limitent la consommation du riz du Burkina par les ménages sont observés dans toutes les régions du pays, quoique dans un ordre différent, mais la faible disponibilité du riz semble être le facteur le plus important avant la présence d’impuretés et le prix élevé.

De nouvelles variétés pour booster la production de riz au Burkina Faso

Le Burkina Faso vient de mettre au point quatre nouvelles variétés de riz présentées en janvier dernier, l’objectif visé étant  de porter la production nationale de riz 1 million de tonnes par an et stopper les importations de riz.

Ces nouvelles variétés, baptisées Orylux6, TS2, FKR60N et FKR62N, sont le fruit des travaux de l’Institut national de l’environnement et de recherches agricoles (INERA) au Burkina Faso. 

Elles ont un cycle de production compris entre 100 et 120 jours et un rendement variant entre 8 à 10 tonnes à l’hectare. 

Contrairement à d’autres variétés de riz cultivées dans le pays, la production de ces quatre nouvelles variétés exige moins d’eau. Elles résistent également mieux aux maladies du riz telles que la panachure jaune et la pyriculariose du riz qui peuvent causer des pertes allant de 25 à 100% de la production.

D’ores et déjà, les producteurs burkinabè accueillent avec intérêt ces nouvelles variétés de riz. Pour Accroître la production  le gouvernement  burkinabè prévoit l’aménagement de 50 000 hectares supplémentaires de terres irrigables.

Par ailleurs, le ministère burkinabè en charge de l’agriculture en collaboration avec l’Alliance pour une révolution verte en Afrique, mènent des actions de sensibilisation et d’initiation des agriculteurs aux nouvelles techniques agricoles qui portent sur le placement profond de l’urée qui est une nouvelle approche, la réduction de la quantité de semences à utiliser et la quantité des engrais.

Toutes ces actions visent  à renforcer la compétitivité du riz produit localement et à s’assurer qu’il répond aux attentes des consommateurs et reste compétitif face au riz importé.

Atteindre l’autosuffisance en riz à l’horizon 2027, une volonté du Gouvernement

La deuxième génération de la Stratégie nationale de développement de la riziculture au Burkina Faso (SNDR II) est en gestation depuis janvier dernier avec pour objectif d’atteindre l’autosuffisance en riz à l’horizon 2027, dégager des stocks de sécurité et des surplus à destination de l’exportation et augmenter les revenus des acteurs grâce à une production compétitive et durable.

Des discussions en cours, le programme pourrait être prévu sur la période 2021-2030 avec dans un premier temps l’atteinte de l’autosuffisance en 2027 avec une production escomptée de 2 millions de tonnes et dans un deuxième temps atteindre une production nationale de 3 millions de tonnes en 2030, de sorte à dégager un excédent destiné à l’exportation.

Pour atteindre l’objectif visé, le programme prévoit 400 000 hectares de systèmes d’irrigations, la disponibilité de 32 000 tonnes de semences améliorées au profit des riziculteurs, 64 000 tonnes d’urée et 95 000 tonnes d’engrais NPK, le tout pour un coût total de FCFA 812,21 milliards de F.CFA (€ 1,24 milliard) qui sera  financé par le gouvernement, les donateurs, les ONG, les communautés locales et le secteur privé.

Les autorités burkinabè entendent, à l’horizon 2030, faire passer la contribution du riz au PIB de 0,3 en 2018 à 12% en 2030 soit une croissance attendue de 8 milliards de F.CFA à 500 milliards de F.CFA. Le Gouvernement entend réaliser un taux de couverture de la demande de riz de 135% et générer 400 milliards de F.CFA de recettes en devises à l'horizon 2030. Au titre des emplois, le programme permettra de créer 2000 entreprises et 420 000 nouveaux emplois au profit des jeunes et des femmes.

Les défis sont majeurs. Pour atteindre lesdits résultats, le Gouvernement devra faciliter l’accès des riziculteurs aux facteurs de production et aux technologies permettant d’accroître les rendements tout en faisant face aux effets pervers du changement climatique qui reste un facteur limitant du niveau de production.

La mise au point des nouvelles variétés présentées en janvier dernier dont les rendements à l’hectare sont importants, la formation et l’encadrement des riziculteurs par le ministère burkinabè en charge de l’agriculture sont des signaux qui augurent de bonnes perspectives pour la relance de la production de riz au Burkina Faso

BAMBIO Z. François, pour Investir au Burkina

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