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Entrepreneuriat numérique : Ouaga Lab, la fabrique des solutions innovantes

« Tout ce qui sort de l’imagination de l’homme, peut être réalisé par l’homme », disait Albert Einstein.

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Une imprimante 3D développée par Ouaga Lab Une imprimante 3D développée par Ouaga Lab Ouaga Lab

Cette citation, Ouaga Lab s’est fait sienne. Situé à Kalgodin, à quelques encablures du mur de l’aéroport, Ouaga Lab est un espace qui depuis 7 ans développe des solutions innovantes pour améliorer le quotidien des Burkinabè. Cependant, cet incubateur et ses solutions développées ne sont pas toujours bien connus du grand public. Des kits pour tester la qualité de l’eau et recevoir des informations, à la plate-forme de commercialisation de produits locaux et de mise en relations de producteurs en passant par l’agriculture intelligente avec des capteurs dans le système goutte à goutte à la solution de décalaminage des voitures. Voici entre autres, des solutions concrètes adaptées aux besoins des Burkinabè qui ont été développées par Ouaga Lab. Pour vous permettre de mieux connaitre, cet incubateur, infowakat.net a fait un tour du côté de Kalgodin et vous propose d’aller à la rencontre de cet espace qui œuvre pour la promotion de l’entrepreneuriat numérique.

Nous sommes sur la route de Kalgodin, après la Brigade des Sapeurs-pompiers située sur cette avenue, juste avant le début du mur de l’aéroport, nous virons à droite, laissant le mur à notre gauche. Tout droit aux confins de ce quartier, à quelques trois six-mètres avant la fin de la voie sur votre droite, vous verrez estampillé sur un mur, « Ouaga Lab ». Une fois à l’intérieur, vous vous rendrez compte que vous pénétrez dans un univers tout autre. Surtout ne vous fiez pas aux apparences des personnes que vous rencontrerez, ce n’est qu’illusion. Au-delà, de leur apparence quelque peu négligée, c’est de véritable génie que vous rencontrez. Chacun est affairé dans son petit coin et on se demande justement ce qu’ils font.

Ces personnes sont là, pour libérer leur génie créateur, concevoir et développer leur projet, apporter des solutions innovantes, concrètes et adaptées aux besoins de la population. Et ils ont bien choisi leur adresse, car Ouaga Lab est un espace qui se veut un lieu d’accompagnement de la jeunesse. Un espace pour simuler l’entrepreneuriat, notamment l’entrepreneuriat numérique. Et le maitre des lieux, Gildas Guiella, président et fondateur de Ouaga Lab et jeune informaticien, nous explique le choix d’ouvrir l’espace au numérique. Pour lui, le numérique est aujourd’hui un outil assez transversal qui peut être utilisé dans tous les secteurs d’activités raison pour laquelle, il se focalise sur celui-ci pour accompagner les jeunes dans le développement de leurs solutions innovantes pour répondre aux besoins de notre environnement. Ouaga Lab se considère comme un écosystème à trois entités.

Hamed Ouédraogo, co-fondateur de Ouaga Lab
Développer des projets viables

D’abord, il y a un espace de formation qui est ouvert pour des formations grand public et des formations professionnelles, ensuite on a l’espace de prédécoupage qui est un espace où les jeunes entrepreneurs essayent de définir et peaufiner leur idée afin d’aller beaucoup plus vite sur les solutions innovantes qu’ils sont en train de mettre en place. « Ce Laboratoire de Fab numérique est aussi un lieu où nous essayons de bénéficier de tout ce qui est industrialisation avec les petites machines qui existent, ça peut être une imprimante 3D, des machines à découpe laser. C’est là aussi que nous utilisons tout ce qui est comme objets connectés qui peut être de l’électronique participative comme des micros types. Ces micros types, aujourd’hui nous permettent de pouvoir de développer des solutions assez innovantes dans le domaine de l’automatisation » confie Gildas Guilla. Ces solutions peuvent aller de l’automatisation agricole à l’automatisation des systèmes d’informations et bien autres. Ce deuxième espace est aussi le lieu où les jeunes apprennent la robotique afin de pouvoir développer des solutions dans la robotique. Le troisième espace est le lieu où tout est tester et valider.

C’est donc dire que le processus à Ouaga Lab s’étale en plusieurs étapes. D’abord, il y a la pré-incubation, c’est-à-dire qu’à partir d’une idée présentée, l’incubateur coache et travaille avec le jeune stagiaire afin de mieux valider l’idée et ajouter la brique innovante qui se trouve dans l’idée. A cette étape, on travaille à éliminer les imperfections pour qu’in fine on puisse avoir une idée qui a un impact évident, un intérêt et une solution vraiment viable. Après cela débute la phase de découpage. Elle consiste à matérialiser l’idée afin de pouvoir tester sa pertinence et son utilisation. Après cette étape, c’est la validation du projet. Là, on s’assure que la solution est viable et on l’a teste. Si la solution proposée fonctionne, on passe à la phase d’incubation qui consiste beaucoup plus à l’accompagnement dans la création de l’entreprise.

Pour Gildas Guiella, Ouaga Lab est écosystème, un espace ouvert avec des infrastructures. Ainsi, pour toute personne désireuse de se familiariser avec les outils du numérique et de la robotique qui ambitionne de développer un esprit d’entrepreneuriat, Ouaga Lab est une porte ouverte où il pourra bénéficier des kits de formation.

Première initiative dans la sous-région

 

Reine Ouédraogo, la staff manager de Ouaga Lab
Première initiative dans la sous-région, Ouaga Lab dès sa création en 2011, a mis en place et créer une certaine communauté, « le mot Lab, Fab Lab même dans la sous-région africaine, il n’existait pas, nous sommes les tout premiers à lancer ce modèle-là, donc qui dit bien lancer un modèle, dit bien cobayes. Donc, nous avons travaillé à créer et consolider une certaine communauté et essayer de nous-mêmes de trouver des solutions à ce modèle de Fab Lab à notre niveau ici et en Afrique. C’est vrai que c’est un modèle qui existait au Etats unis depuis 2015, arrivé après en France en 2010 et nous l’avons lancé ici en 2011. Evidemment, nous avons beaucoup travaillé pour consolider et trouver un modèle de câblage, d’espace et de formule qui correspond à nos valeurs africaines. Nous avons pris deux ans pour aboutir à ça et après les deux ans, nous avons formellement créé Ouaga Lab », relate le président fondateur de l’incubateur.

Plusieurs solutions déjà développées

De 2011 à aujourd’hui, Ouaga Lab a développé pas mal de projet. Le premier projet validé a été une éolienne que le Lab a développée pour participer à un concours. Selon Gildas Guiella, trois weekends, c’est-à-dire six jours ont suffi à son équipe et lui pour développer l’éolienne. « C’était un défi pour nous » dit avec une certaine nostalgie. L’énergie étant un souci pour nos pays. Ces jeunes se sont donc lancé le défi de développer une éolienne en quelques jours. La suite, on la connait, trois weekend plus tard, l’éolienne était fonctionnelle et produisait un kilowatt/heure, ce n’est pas énorme reconnait-il. Cette l’idée était d’intégrer le moteur à la pompe pour que les femmes qui sont dans les zones reculées et qui utilisent les pompes circulaires pour puiser l’eau puissent le faire dans la nuit avec un éclairage. Toutefois, l’idée n’est pas allée très loin parce qu’ils se sont rendu compte qu’avec la puissance du vent, au Burkina Faso, ce n’était pas forcément la solution idéale. Mais point de découragement pour le Lab et comme aime à le dire son président, « nous sommes un espace de « Makers ». Des personnes qui osent qui se donnent des défis de développer des solutions ». Après l’expérience de l’éolienne plusieurs solutions ont été développées avec beaucoup plus de réussite.

 

Une imprimante 3D développée par Ouaga Lab
Il s’agit entre autres, d’une plate-forme d’informations qui établit une cartographie des dépotoirs de déchets. Le but de cette plate-forme est de donner libre accès aux administrations qui travaillent dans la gestion des déchets des informations sur la disparité des différentes zones où, il y a besoin d’assainir. Après cette plate-forme, Ouaga Lab a développé une autre plate-forme destinée à la commercialisation des produits locaux et de mise en relations entre producteurs et transformateurs. Cette plate-forme qui est toujours en ligne, s’appelle « Baoré ». C’est une plate-forme qui, à terme veut révolution le domaine de l’agriculture, parce que l’idée, c’est de réduire la chaine de valeur pour permettre aux transformateurs d’avoir des prix compétitifs sur le marché. « Kelbono », est une autre solution qui a été développée par Ouaga Lab. « Kelbono » est un kit qui permettre de mesurer la qualité de l’eau et pouvoir faire de la maintenance à distance. « L’idée est partie du fait que nous sommes dans un pays où, le minerai commence à apparaitre un peu partout et la nappe phréatique peut être atteinte à un certain moment. L’objectif est de faire en sorte que les différents forages aient ce kit pour pouvoir tester la qualité de l’eau et recevoir des informations pour savoir si l’eau est de bonne qualité ou pas et une fois que l’eau n’est pas de bonne qualité, le système envoi une information et l’eau se coupe automatiquement », explique le président de Ouaga Lab. Actuellement, une grande solution est en train d’être développée par le lab. Il s’agit de l’irrigation automatique goutte à goutte, une solution avec des capteurs d’humidité. L’idée c’est de passer à une autre forme d’agriculture qui est l’agriculture intelligente avec des capteurs dans le système goutte à goutte. Elle est simple, des capteurs calcul l’humidité du sol et activent les vannes pour que l’eau puisse passer et lorsque l’humidité est suffisante, les capteurs coupent les vannes. « C’est-à-dire que c’est la plante qui devient maitre du système, il demande l’eau quand elle veut et coupe l’eau quand elle veut également », se réjoui Gildas Guiella. L’une des dernières solutions développées à Ouaga Lab est le décalaminage des voitures. L’idée c’est de pouvoir réduire et la consommation et le taux de pollution de 50%. « Nous avons travaillé sur une première version qui était concluant et nous nous sommes lancés un autre défi et ce défi, c’est produire un autre produit qui réduit encore plus et rendre la solution encore plus performante », précise Gildas Guiella. Avant de nous faire savoir que son vœu c’est de voir d’ici l’année prochaine que toutes ces solutions sont utilisées.

D’autres solutions est en phase de développement à Ouaga Lab, entre autres on a la solution du parking intelligent. Il y a également d’autres solutions sur des drones appliqués à la santé, à l’agriculture qui sont des projets en phase d’être incubés

Intérêts certains de certains partenaires internationaux et des lauriers à la pelle

Les solutions développées par Ouaga Lab, ne sont pas passées inaperçues et suscitent l’intérêt de plusieurs organisations. Malheureusement, nous confie Gildas Guiella, les autorités burkinabè ne semblent s’intéresser à ce qu’ils font et ce sont des organismes telle que la Francophonie qui croit en eux et les font confiance depuis 4 ans. Egalement, le PNUD, l’ambassade du Luxembourg, l’ambassade des Etats unis, l’ambassade la France portent un intérêt certain aux activités du Lab. Et même que la Banque mondiale leur a offert une formation sur Open Innovation. Cet intérêt s’explique par l’impact recherché en termes de solutions. Cependant, faire de la pré-incubation et de l’incubation, demande beaucoup d’investissement, « il ne suffit pas d’avoir une solution numérique virtuelle, mais il faut travailler sur du matériel, sur la conception et cela demande beaucoup de matériels, beaucoup de technicité, beaucoup d’ingénierie et beaucoup d’apport intellectuel et ces partenaires comprennent bien la lourdeur de la tâche et nous accompagne », indique le président de Ouaga Lab.

Et les lauriers tombent à la pelle. Déjà en 2013, Ouaga Lab reçoit son tout premier prix à l’occasion d’Innov’Africa où il a participé avec l’éolienne. Il y a également la communauté OMC, co-créée par Ouaga Lab qui a eu un prix à la Semaine nationale de l’Internet (SNI). En dehors de la SNI, beaucoup de membres avec des projets de Ouaga Lab ont eu des prix à titre personnel. Exemple, récents est celui de Christian, aujourd’hui incubé au 2IE.

Pour l’heure, Gildas Guiella se dit conscient que le défi est énorme, notamment au niveau de l’entrepreneuriat, mais, il dit avoir foi en l’avenir, car dit-il, « nous sommes dans un pays qui a beaucoup d’avenir, nous sommes dans un pays à majorité composé de jeunes et Ouaga Lab est un espace ouvert à tout le monde. Notre vision c’est de vraiment créer un environnement assez propice pour permettre à la jeunesse burkinabè de pouvoir utiliser les acquis qu’offrent le numérique pour développer des solutions assez innovantes. L’espace est ouvert à tous et nous sommes prêts à accueillir toute bonne initiative et toute bonne idée », a-t-il martelé.

G Maurice Belemnaba

infowakat.net

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BAMBIO Z. François
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