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La production d’engrais au Burkina Faso est encore insuffisante pour couvrir la demande nationale. Le pays ne dispose pas d’une véritable usine de production d’engrais et recourt pour l'heure aux importations d’engrais pour satisfaire les besoins des agriculteurs.

Le marché des engrais est une niche à fort potentiel au Burkina Faso. En 2020, on estime à 300.000 tonnes la demande annuelle en engrais du pays.

Les acteurs œuvrant dans le secteur de l’approvisionnement en intrants agricoles sont réunis au sein de l’Association des Grossistes et Détaillants d’Intrants Agricoles du Burkina Faso (AGRODIA) qui regroupe les importateurs, les grossistes et les détaillants de semences, d’engrais, de produits phytosanitaires et d’équipements agricoles. La structure a été créée le 7 mai 2004 et compte aujourd’hui un millier de membres. Elle a pour mission de promouvoir les intérêts des distributeurs d’intrants agricoles du Burkina Faso en vue d’améliorer leurs conditions de vie et de travail à travers l’information, la communication, la formation et le plaidoyer.

Production d’engrais au Burkina Faso

A l’exception du Burkina phosphate, qui doit être considéré comme un amendement et non comme un engrais,  il n’y a pas de production industrielle d’engrais au Burkina Faso.

La Société d’exploitation de phosphate du Burkina Faso exploite une mine de phosphate naturel à Kodjari, à l’est du Burkina Faso. Cette société dispose d’une unité de broyage qui fournit du phosphate, en sacs de 50 kg, pour la consommation locale, et est utilisé comme amendement des sols. Les volumes produits en 2018 étaient de 1 320 tonnes.

Concernant la production secondaire, il existe actuellement deux unités de mélange situées à Bobo-Dioulasso, qui produisent différents types d’engrais NPK pour la consommation locale. La première d’une capacité nominale de 60 tonnes/heure appartient à la Compagnie Industrielle de Production Agricole et Marchande (CIPAM SA) ; la seconde unité appartient aux Industries Chimiques Fertilisantes d’Afrique (IFCA) et dispose d’une capacité nominale de 1200 tonnes/jour. Les volumes produits n’ont pas été disponibles pour l’année 2018.

Les sociétés FASO FERT, et TROPIC AGRO CHEM ont tous deux des projets de créer respectivement une unité de dolomite et de mélange d’engrais, avec un démarrage prévu en 2019.

La production d’engrais organique est assurée principalement par 3 acteurs qui sont : AROM-H, BELWET, FASO BIOGAZ. Les volumes produits étaient de 1000 tonnes en 2018.

En 2018, la production totale d’engrais s’est établie à 2 320 tonnes, soit moins de 1% de la demande nationale.

Booster la production d’engrais, un leitmotiv du Gouvernement

Dans son programme national pour le développement économique et social (PNDES), sur la période 2016-2020, le Gouvernement a prévu la construction de trois unités de production d’engrais d'une capacité annuelle d'au moins 180 800 tonnes.  Outre ces unités, une usine  de mélange d'engrais  est prévue à  Bobo-Dioulasso, deuxième ville du pays et première zone de production cotonnière du pays.  Le Gouvernement entend, à travers des contrats de type PPP, mobiliser 19 milliards de FCFA pour l’exécution desdits travaux. L’objectif visé étant de rendre plus compétitif le prix de l’engrais produit localement par rapport à l’engrais importé et d’accroître la production agricole via l’utilisation accrue d’engrais.

La région de l’Est dispose d’un fort potentiel en phosphates, avec une réserve estimée à 200 millions de tonnes dont 100 millions de tonnes à Kodjari, susceptible d’améliorer la fertilité des sols pour un accroissement de la productivité et de la production agricoles.

La mise en place de diverses unités de mélanges d’engrais dont les formules contiendront environ 9% de phosphate naturel et 91 % de matières premières importées, à Bobo-Dioulasso et Koupèla notamment offrira un marché pour l’unité de production de phosphate granulé de Kodjari.

Ledit programme bien qu’ayant accusé un retard, est en cours.  Le Gouvernement a investi plus de 5 milliards pour la construction de l’usine de mélange d’engrais de Koupéla dans le centre-Est  d’une capacité de 120.000 tonnes  et l’extension de la capacité de production de l’usine phosphate à Diapaga.

Pour ce qui est de l’usine de Koupéla, les travaux de construction sont déjà avancés. L’usine pourrait ouvrir ses portes en octobre 2020.  

Montants des importations d’engrais et pays fournisseurs du Burkina Faso

La valeur des importations d’engrais sont passées de 78,53 milliards de F.CFA en 2016 à  27,07 milliards de FCFA en 2019, soit une régression de plus de 65%.

Selon la Rédaction de Investir au Burkina, la chute des importations d’engrais pourrait s’expliquer par la baisse drastique de la production cotonnière depuis 2016.  En rappel, sur la période 2016-2019, la quantité de coton produite par le Burkina Faso est passée de 682.940 tonnes en 2016-2017  à  436.000 tonnes en 2018-2019, soit une baisse drastique de plus de 36%.

La filière coton étant la principale destinatrice des engrais importés, la chute de la production cotonnière a évolué dans le même sens que le recul des montants investis dans les importations d’engrais sur la même période.

Les 5 premiers pays fournisseurs du Burkina Faso en engrais en 2019 sont le Mali, la Russie, la Côte d’Ivoire, le Maroc et le Togo avec respectivement 32% ;   20%,  19%, 16%  et 7 % de part de marché.

Le Mali est le premier pays fournisseur du Burkina Faso en engrais mais depuis 2016 la valeur des importations d’engrais en provenance du Mali sont en chute, passant de 38,6 milliards de F.CFA en 2016 à seulement 8,7 milliards de F.CFA en 2019, soit une baisse de plus de 77%.

Tout comme le Mali, la valeur des importations d’engrais de Russie sont en baisse depuis 2016, dégringolant de 12,8 milliards de FCFA en 2016 à 5,4 milliards de F.CFA en 2019, soit une régression de plus de 58%.

Pour ce qui est des importations d’engrais de la Côte d’ivoire, leur valeur est en nette croissance sur les 3 dernières années, passant de 2,9 milliards de FCFA en 2017  à 5,17 milliards de F.CFA en 2019, soit une hausse de 78%.

Quant aux engrais en provenance du Maroc, leur montant global a plus que doublée sur la période 2017-2018, passant de 3 milliards en 2017 à 10,36 milliards de FCFA  en 2018, soit une croissance de plus de 233%.  Cette hausse a été immédiatement suivie d’une chute de plus de la moitié du montant dépensé en 2018 pour s’établir à seulement 4,4 milliards de F.CFA.

Concernant les engrais importés du Togo, leur montant global a plus que quadruplé sur la période 2017-2019, passant de 346 millions de FCFA à 1,96 milliards de FCFA en 2019.

Les principaux importateurs d’engrais au Burkina Faso

Les principaux acteurs intervenant dans l’importation et la distribution des engrais sont constitués des sociétés cotonnières, de la Nouvelle Société Sucrière de la Comoé (SNSOSUCO), de l’Etat, des organisations de producteurs, de filiales de multinationales, de grossistes individuels et de détaillants.

Les gros importateurs sont localisés dans les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. En outre, il faut signaler l’existence de réseaux clandestins d’importation d’engrais dont les volumes importés sont difficilement quantifiables.

Les principales sociétés privées importatrices d’engrais au Burkina Faso sont les suivantes :

  • AGRIDIS: filiale de Hydrochem, une société internationale, elle importe les engrais et autres intrants agricoles qu’elle vend soit à la Sofitex, soit directement sur le marché national.
  • La société SCAB (Chemical and Agricultural Society of Burkina): importatrice d’intrants au profit de la SOFITEX, de la SN SOSUCO et d’un réseau plus large de petits revendeurs, elle représente STEPC Côte d’Ivoire qui est une filiale du groupe français la Société des Potasses d’Alsace.
  • La société Amendement et Fertilisant (AMEFERT): également importatrice d’engrais pour la SOFITEX, c’est une société affiliée à YARA implantée au Ghana et en Côte d’Ivoire.
  • La société CHEMEFERT : elle est également importatrice d’engrais au profit de la SOFITEX.
  • La société TROPIC Agro Chem : Société de droit burkinabè, elle importe et distribue des engrais chimiques et divers intrants agricoles.
  • La société King Agro : Société de droit burkinabè, elle importe et distribue des engrais chimiques et divers intrants agricoles. L’offre de phosphate naturel est assurée par la Société d’exploitation des phosphates du Burkina (SEPB), qui a succédé à l’ancien Projet Phosphate du Burkina. La production a commencé en 1978 avec 68 tonnes et atteint le niveau de 2 296 tonnes en 2012.

Cadre réglementaire

Au Burkina Faso la loi n° 026-2007/AN du 20 novembre 2007 instituant un contrôle des engrais au Burkina Faso et ses décrets d’application, réglementent le marché des engrais.

Pour exercer dans le domaine des engrais en toute légalité, il faut détenir impérativement un agrément. En plus de l’agrément, pour importer les engrais, il faut disposer d’une autorisation spéciale d’importation et d’un Certificat National de Conformité (CNC) délivrés par le Ministère en charge du Commerce. Par ailleurs, les engrais importés ou fabriqués localement doivent être soumis à un contrôle obligatoire de la qualité avant leur mise en vente.

Le non-respect des dispositions prescrites expose tout contrevenant à des sanctions prévues par la réglementation en vigueur.

Le marché des engrais a incontestablement de beaux jours devant lui. Du fait de la dégradation et de l'appauvrissement des sols, le recourt aux engrais et fertilisants est une solution ultime pour l'accroissement de la production agricole.

BAMBIO Z. François

Sources :

  • Calculs du CCI sur la base des statistiques de Direction Générale des Douanes depuis janvier 2007.
  • Calculs du CCI sur la base des statistiques de UN COMTRADE jusqu'à janvier 2007.
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