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Air Burkina

Les autorités burkinabè ont vite réagi après le départ en mai 2017 de Aga Khan alors actionnaire majoritaire d’Air Burkina.

La direction d’Air Burkina s’est vite attelé à assainir la gestion de la compagnie, à investir dans la flotte et à déployer un nouveau plan de vols.

Un audit a d'ailleurs été commandité et réalisé par le cabinet de conseil McKinsey & Company, avant l’élaboration d’un plan stratégique de relance de la compagnie qui se déploiera en deux phase jusqu’en 2028.

Pour commencer, des actions ont été menées pour optimiser les coûts, améliorer les marges et accroître la productivité du personnel mais aussi pour relancer l’activité économique..

Renforcer la connectivité sous-régionale

Air Burkina entend également miser sur les alliances partenariales pour mieux déployer ses ailes en Afrique et dans le monde.

« Dans le contexte actuel, les réalités de l’environnement économique et de l’industrie du transport font qu’aucune compagnie ne peut se développer seule », estime ainsi Blaise SANOU, ancien pilote de l’armée de l’air burkinabè, nommé à la direction de la compagnie.

En mai 2019, Air Burkina était en accord interlignes avec treize compagnies et elle partageait des codes avec Air France, Kenya Airways et Asky, des compagnies avec lesquelles elle pourrait aller jusqu’à l’alliance.

La compagnie prévoie également de partager des codes avec Brussels Airlines, Tunis Air, Ethiopian Airlines ou encore la Royal Air Maroc. De quoi permettre d’étendre son réseau sans investir de moyens financiers excessifs.

Toujours dans la même lancée, Africa World Airlines (AWA), une compagnie privée ghanéenne et Air Burkina ont annoncé le lancement d'un partenariat interligne unidirectionnel en janvier 2020 pour mieux connecter les passagers via le hub d'AWA à Accra.

Dans le cadre dudit partenariat, les passagers du réseau d'Air Burkina peuvent désormais se connecter, à partir d'un unique billet d’avion, sur le réseau d'AWA entre Accra et Lagos, Abuja et Abidjan, ainsi que ses dessertes domestiques au Ghana.

Toutes ces actions permettront à la compagnie de rayonner dans le paysage aérien africain et d’atteindre un équilibre financier entre 2021 et 2022.

Le conseil administration d’Air Burkina, nommé en 2019 s’est d’ailleurs attelé à la recherche d’un partenaire stratégique et sur la révision du capital de la compagnie, afin de conformer la compagnie aux normes de l’industrie aéronautique.

Renforcer et moderniser sa flotte aérienne

La compagnie a acquis en leasing trois nouveaux avions chez Nordic Aviation Capital (NAC).  En février 2019 NAC confirmait avoir livré les trois Embraer loués par Air Burkina dont deux E195 et un E175.

Les E195 peuvent accueillir 12 passagers en classe Affaires et 92 en Economie, tandis que l’E175 est configuré en 12+60.

Avec ses nouveaux avions, Air Burkina entend élargir davantage son réseau et ouvrir de nouvelles destinations.  

La compagnie opère également avec un CRJ900 (6+69) qui dessert Bobo-Dioulasso la deuxième ville du pays et 7 pays d’Afrique dont le Togo, le Bénin, le Mali, le Niger, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Ghana.

La compagnie envisage par ailleurs de porter la flotte à six appareils d’ici 2023. Des discussions, en ce sens, ont été ouvertes avec plusieurs constructeurs, dont Bombardier.

L’arrivée de l’américain African Global Development (AGD), un investisseur majeur

Dans le cadre d’un meilleur repositionnement de Air Burkina dans le paysage Ouest africain, l’Etat burkinabè et l’investisseur américain Africain Global Development (AGD) ont signé une convention de cession d’un montant de plus de 250 millions d’euros le 20 octobre 2020.

L’entrée de AGD dans le capital de Air Burkina revêt une vision stratégique pour les autorités burkinabè en ce sens qu’il s’agit d’un investisseur qui possède non seulement la technologie mais aussi le capital nécessaire pour redonner à Air Burkina sa place de leader dans la sous-région tout en conservant sa clientèle.

La plan d’action de AGD va ainsi permettre de ravitailler la flotte de Air Burkina de quatre (4) avions Air bus pour étendre la destination des vols vers les pays d’Europe et l’Asie de l’Est. Ledit plan prévoie également de desservir quotidiennement Bobo-Dioulasso la deuxième ville du pays et les autres autres villes du Burkina possédant des aérodromes comme Fada N’Gourma, Dori et Ouahigouya.

Pour le directeur de AGD, Annor Smartt, investir au Burkina est guidée par plusieurs motivations. Hors mis la relance de Air Burkina, la construction d’un centre de maintenance et une académie aéronautique en collaboration avec l’Université de Ouagadougou sont prévus afin de former des pilotes et des mécaniciens dans la sous-région. Ce projet sera également mené avec AGD qui dispose déjà de la technologie et qui se dit prêt à faire de Air Burkina une entité qui va révolutionner le monde de l’aéronautique en Afrique.

Déjà, les autorités burkinabè entendent mettre en place une commission de suivi pour permettre de guider tous les engagements qui ont été pris au niveau de l’AGD afin de rassurer les uns et les autres par rapport à l’investissement 

L’arrivée de AGD dans le capital de Air Burkina marque visiblement de début d’un nouvel ère pour la doyenne des compagnies aériennes d'Afrique francophone.

Le nouvel aéroport de Dossin, un tremplin pour l’expansion de Air Burkina

Air Burkina pourrait rapidement adosser sa stratégie d’expansion à la réalisation de la nouvelle plateforme aéroportuaire de Donsin. Ce projet vise à transférer l’activité aéroportuaire du centre-ville de Ouagadougou, où les capacités d’expansions sont inexistantes et la pollution importante, à environ 30 km au nord de la capitale.

Lancé dans les années 2000, le projet est à une phase avancée. La réalisation des travaux sur la plateforme aéroportuaire a démarré en 2018, notamment avec des activités de voirie. En février 2019, le conseil des ministres a attribué à la société Sogea Satom l’aménagement des voies d’accès (41,49 km de route).

Le financement, à hauteur de 1,3 milliard de francs CFA, est assuré par l’Association internationale de développement (IDA).

Les travaux de voiries coté ville avaient été attribués un mois plus tôt à l’entreprise Soroubat pour un coût de 31 milliards de francs CFA, pris en charge par la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et le budget de l’État.

Pour ce qui est de la construction du terminal et de sa gestion, c’est le consortium Meridian-aéroport de Marseille qui en a la charge dans le cadre d’un PPP.

Le nouvel aéroport est un tremplin pour le développement de Air Burkina qui d’ici à quelques mois devrait voler très haut dans le ciel, en Afrique, en Europe et en Asie.

Une synthèse de BAMBIO Z. François, pour investir au Burkina

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