fbpx

Le marché du e-commerce se développe progressivement en Afrique. Ces dernières années, une pléthore de sites de e-commerce a été créée sur le continent. Les réseaux sociaux abondent de plus en plus de publicités d’articles en vente sur internet.

En 2017, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) estimait qu’« au moins 21 millions d’Africains » avaient fait des achats en ligne au cours de l’année.

Selon un rapport de la firme de recherche statistia, le e-commerce aurait généré un chiffre d’affaires de 16,5 milliards USD en 2017. Ces performances sont jugées insuffisantes pour le continent qui compte, selon la Banque africaine de développement (BAD), une classe moyenne de plus de 300 millions de personnes.

E-commerce en Afrique, un décollage périlleux

L’e-commerce amorce un décollage difficile en Afrique. Les marges générées sont faibles mais nombreux sont les défis à surmonter, toute chose qui nécessite des investissements réguliers et colossaux.

Parmi les obstacles, figurent des problèmes de logistique, de manque de système d’adressage, de sous-bancarisation de la population, de prédominance des paiements en espèces, de fracture numérique, de cadres réglementaires et institutionnels inadéquats, des consommateurs non avertis…

En Afrique, la carte bancaire, compte tenu des problèmes sus-cités, est loin d’être un moyen de paiement universel. Les plateformes d’e-commerce sont de ce fait obligés de s’appuyer sur le mobile banking largement implémenté par les opérateurs africains de téléphonie mobile.

Malgré les possibilités offertes par le mobile banking, les méthodes de paiement les plus courants sont le paiement en espèces à la livraison (90 % des commandes) et le paiement dans en e-boutique ou en showroom, les clients ayant plus confiance aux méthodes classiques.

Même si l’internet connaît un essor fulgurant ces dernières années en Afrique, les usages ne profitent pour le moment pas au e-commerce.

La mésaventure des e-commerçants africains

En attendant un véritable décollage de l’e-commerce en Afrique, c’est la croix et la bannière pour les e-commerçants qui naviguent contre vents et marrées.

En septembre 2019, deux entreprises bien connues sur le marché ivoirien ont déposé la clé sous le paillasson, faute d’investissement. Il s’agit de Yaatoo, la marque en ligne de Prosuma, leader de la grande distribution en Côte d’Ivoire, et Afrimarket, basée à Paris et dont les activités s’étendaient à toute l’Afrique de l’Ouest.

Jumia la « licorne » du e-commerce africain, cotée à New York, connaît également quelques déboires. En activité depuis plus de sept (7) ans, la société n’a toujours pas atteint le seuil de rentabilité. L'entreprise aurait même suspendu ses activités au Cameroun à la fin 2019 mettant au  chômage près de 200 employés. Introduite à la bourse de New york en avril 2019 à 14,5 dollars, son action s’était d’abord envolée en trois semaine à près de 47 dollars pour ensuite chuter à 4.490 dollars au 31 mai 2020 au moment où nous écrivons cet article. Ces derniers mois, des rumeurs circulent sur le possible rachat de Jumia par l’un des géants l’e-commerce que sont Amazon et Alibaba.

Selon les experts, les présents échecs des e-commerçants africains sont normaux. Le e-commerce est une niche pour les investisseurs résilients qui acceptent le long terme. Il ne faut pas perdre de vue le fait que la clientèle en Afrique reste à éduquer de façon progressive, le e-commerce étant à ses débuts sur le continent.

Maurice, Nigeria et Afrique du Sud, le trio en tête du e-commerce en Afrique

Selon un rapport de la Cnuced publié le 10 décembre 2018, les pays leaders du commerce électronique en Afrique sont l’Île Maurice, le Nigeria et l’Afrique du sud. Ces trois mousquetaires du e-commerce africain occupent respectivement les 55e, 75e et 77e place à l'issue du classement 2018 de l’Afrique dans l’Indice du commerce électronique.

En Afrique de l'Ouest, c'est le Sénégal qui se distingue, même s'il figure encore en bas du classement. Jumia, le leader africain de l’e-commerce s’est d'ailleurs installé au Sénégal en s'appuyant sur le marché local qui augure de bonnes perspectives.

Le top 5 des plateformes de e-commerce en Afrique en 2018

  1. Jumia (Nigeria),
  2. TakesAlot (Afrique du sud),
  3. Kilimall (Kenya),
  4. Konga (Nigeria),
  5. Bidorbuy Afrique du sud).

L’Afrique en ligne de mire des géants internationaux du e-commerce

L’Afrique attire la convoitise de des grands groupes mondiaux du e-commerce. Les Gafa américains (Google, Amazon, Facebook, Apple) et les BATX chinois (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi) ont l’Afrique dans leur viseur.

En octobre 2018, le géant chinois Alibaba a pris de l’avance. Son fondateur Jack Ma a effectué plusieurs tournées en Afrique courant l'année 2018 pour lancé des programmes et des concours pour jeunes entrepreneurs africains. Il l'issue de sa tournée le chinois a choisi d’implanter sa première plateforme d’e-commerce à Kigali, au Rwanda.

L’ambition des groupes internationaux sera progressivement matérialisée par des actions d’investissements dans toutes les prochaines années.

Le développement de l’e-commerce en Afrique fournit un nouveau canal de distribution de tous types de biens, locaux et internationaux. L’ouverture de plus en plus accrue au reste du monde va sans doute booster le e-commerce en Afrique dans les prochaines années, toute chose qui convainc les groupes internationaux du potentiel africain.

BAMBIO Z. François, pour Investir au Burkina

Sources :

lemonde.fr, mbamci.com, jeuneafrique.com

 

 

X

Right Click

No right click