Le marché africain de l’assurance joui d’un fort potentiel et intéresse aussi bien les acteurs locaux que les grands groupes internationaux. Bien que le taux de pénétration de l’assurance soit très faible sur le continent, le marché de l’assurance est en plein devenir. Le volume des primes d'assurance colletées par les compagnies d'assurance est en nette progression du fait de la montée en puissance des classes moyennes à revenu amélioré. 

Etat des lieux du marché de l’assurance

Selon la Revue Secteur privé & développement du groupe français PROPARCO, publié en octobre 2016, l’Afrique compte environ 600 compagnies actives dans 54 pays contre 5000 compagnies actives en Europe. Selon la même revue, le taux global de pénétration de l’assurance en Afrique oscille autour de 2 %, mais atteint 10 à 20 % par l’intermédiaire des acteurs financiers.

En 2020, soit 4 ans après, même si ces chiffres ont connu des évolutions, le taux de pénétration de l’assurance reste très faible sur le continent par rapport à la moyenne mondiale.

Selon Atlas Magazine (atlas-mag.net),  le volume total des primes collectées par l’ensemble des pays africains a atteint 68,383 milliards USD en 2018 contre 65,165 milliards USD en 2017, soit une progression de près de 5%.

L’Afrique du Sud se hisse à la tête du classement avec 48,269 milliards USD de primes, soit 70,59% des encaissements réalisées sur le continent.

Le Maroc occupe la deuxième place avec 4,579 milliards USD de primes et une part de marché de 6,7%.

Vient le Kenya avec 2,134 milliards USD de chiffre d’affaires pour 3,12% de part de marché. Le top 5 des assureurs africains est complété par l’Egypte et l’Algérie.

Le top 5 africain est complété par l’Egypte avec 1, 579 milliards USD pour 2,31% de part de marché et le Nigeria avec 1, 22 milliards USD pour 1,78 % de part de marché.

La figure de proue du marché de l’assurance en Afrique est  donc incontestablement, de loin, l’Afrique du Sud.

Acteurs du marché de l’assurance

En Afrique les acteurs qui animent le marché de l’assurance sont principalement les courtiers, les compagnies d’assurances et les réassureurs

Pour l’heure le courtage reste le fer de lance de l’assurance en Afrique. On distingue de types de courtiers. On distingue les courtiers nationaux et les courtiers internationaux.

Les courtiers nationaux sont essentiellement qui prospectent sur le marché national et qui ciblent les parti­culiers, les PME locales, les structures étatiques et paraétatiques.

Quant aux courtiers internationaux, ils ont pour principales clients des entreprises fidélisées sur le marché africain, qu’ils accompagnent depuis des années.

Viennent ensuite les compagnies d’assurance qui sont de plus en plus nombreux sur le marché africain mais qui, pour tenir longtemps sur le marché, doivent innover et surtout  adapter leurs offres aux réalités du terrain.

Enfin, les principaux réassureurs mondiaux sont très actifs sur le continent, aux côtés des réassureurs régionaux et nationaux.

En Afrique, de plus en plus les produits d’assurance pour les particuliers sont vendus via le réseau bancaire, aussi bien par des banques commerciales que des institutions de micro-finance.

De plus en plus sur le continent se développement de nouveaux circuits de distribution des produits d’assurance au nombre desquels figurent la bancassurance et le mobile banking implémenté par les réseaux de téléphonies mobile. A terme, ces innovations permettraient certainement d’atteindre des cibles jusqu’ici hors de portée.

L’Activité accrue de groupes africains et internationaux

Le groupe français Axa Assurance (très présent en Afrique notamment au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Gabon, en Algérie et au Maroc) a récemment lancé à Abidjan,  AXA Africa Specialty Risks  (AXA ASR), en partenariat avec l’assureur britannique Chaucer Lloyds.

Le groupe allemand Allianz est également très présent en Afrique avec 17 filiales dans 12 pays et continue de s’étendre.

Le groupe américain Metlife, pour sa part, couvre particulièrement l’Egypte.

Les groupes africains sont également très opérationnels sur le continent notamment les sud-africains Sanlam (assureur africain le plus important en dehors de l’Afrique du sud, présent dans 26 pays) et Old Mutual (ce dernier envisage d’avoir 10 millions de clients supplémentaires d’ici 2020, hors Afrique du sud).

On compte également l’entreprise kenyane UAP Holdings, très présente en Afrique de l’Est; SUNU Assurance; les entreprises marocaines Saham assurance et Wafa assurance; la Nouvelle société inter-africaine d’assurance (NSIA, présent dans 12 pays de l’Afrique centrale et occidentale) ou encore Activa qui compte 7 filiales dans cinq pays et qui a créé le réseau Globus qui  couvre 43 pays africains et qui permet la souscription de solutions d’assurance globalisées via une plateforme unique basée au Cameroun.

L’activité accrue des grands groupes sur le continent témoigne incontestablement du fort potentiel dont joui le marché africain de l’assurance.

Focus sur le Mobile banking, un atout pour le marché de l’assurance

Le développement des nouvelles technologies de l’information et de communication, s’avère un atout majeure pour le secteur bancaire tout comme le marché de l’assurance.

Ces dernières années le développement fulgurant du mobile a donné l’opportunité aux opérateurs africains de téléphonie mobile de mettre en place le mobile banking qui consiste à effectuer les achats de biens et services et d’effectuer des transferts d’argent via le téléphone mobile.

Le secteur bancaire utilise déjà tant bien que mal le mobile banking pour essayer de capter une frange de la population non-bancarisée.

Dans les prochaines années le mobile banking, vue le taux de pénétration important du mobile en Afrique, pourrait connaître un essor plus marquer, toute chose dont le marché de l’assurance pourrait tirer profit de manière positive.

Dans certains pays comme le kenya, où le marché de l’assurance connaît un certain dynamisme, le mobile banking incroyablement accéléré l’inclusion financière.

On espère que le futur du marché de l’assurance connaîtra plus d’innovation en intégrant le mobile banking comme outil de distribution des produits d’assurance.

Les contraintes et opportunités

La faiblesse des revenus, le manque de confiance aux assureurs,  le faible taux de bancarisation et la vivacité des réseaux de solidarité traditionnelle sont incontestablement des freins à la pénétration de l’assurance en Afrique.

Mieux adapter les produits d’assurance aux réalités locales reste un impératif pour les acteurs du marché de l’assurance en Afrique.

Malgré un développement timide de l’assurance en Afrique, les évolu­tions actuelles sur le continent, permettent d’être raisonnablement optimiste quant à l’avenir du secteur de l’assurance en Afrique.

Outre les atouts tirés de la pénétration du mobile en Afrique, l’émergence de la classe moyenne à pouvoir d’achat amélioré et l’intégration progressive de l’Afrique dans l’économie mondiale sont des leviers certains sur lesquels pourra s’appuyer le marché de l’assurance.

L’arrivée de l’internet haut débit en Afrique servira à booster le développement du e-commerce sur le continent, toute chose qui ne se fera pas sans impacter positivement le marché de l’assurance en réduisant le coût et en augmentant la rapidité de distribution des produits de l’assurance.

Sources : PROPARCO, Forbes Africa, Atlas Magazine

BAMBIO Z. François

Economiste / Conseiller en GRH