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Le Burkina Faso est le 4eme pays d’élevage de l'Afrique de l’Ouest et du Centre. Le pays dispose d’un cheptel diversifié et numériquement important.

Le sous-secteur de l’élevage occupe 80% de la population nationale et représente environ 10 à 20 % du PIB du pays. Il contribue pour 26% aux recettes d’exportations du pays et à 40% de la valeur ajoutée agricole, après le coton.

Au titre des emplois, l’élevage génère des emplois directs et à plein temps pour plus de 900 000 personnes pour ce qui est de la production et entre 60 000 et 90 000 pour les activités de transformation et de commercialisation.

La filière élevage se professionnalise et accueille de plus en plus des investisseurs aux gros moyens. Le nombre de fermes d’élevage se multiplie et les besoins en aliments pour animaux de plus en plus importants.

L’alimentation traditionnelle habituellement composée de résidus et de restes d’aliments des ménages, de drèches de dolo et de produits de cueillette (foin, fourrage, etc.) est insuffisante en quantité et en qualité.

De nombreux éleveurs recourent aux sous-produits (son de mil, de sorgho et de maïs) produits par les brasseries industrielles et tourteaux de graines de coton habituellement fournis par les industries textiles et agro-industriels (SOFITEX, SN-CITEC et les autres huileries) qu’ils valorisent dans l’alimentation de leurs animaux.

Habituellement les éleveurs n’ont pas accès au marché directs des tourteaux à la sortie des usines. Les usines vendent en priorité les tourteaux de coton à des commerçants grossistes officiellement agréés qui exportent une grande partie de ces matières et cèdent une partie aux unités de fabrication d’aliments pour animaux.

S’approvisionner auprès de ces commerçants grossistes est cependant un long chemin de croix pour les éleveurs parfois contraints de s’inscrire sur des listes d’attente.

La commercialisation d’aliments pour animaux au Burkina Faso est un marché important.

La fabrication et la distribution d’aliments pour bétails et volailles est devenue une activité hautement spéculative et une opportunité d’affaires pour les entreprises spécialisées dans la fourniture d’aliments pour animaux de ferme au Burkina Faso.

L’évolution du cheptel et les opportunités du marché de la fourniture d’aliments pour animaux d’élevage

Selon les données statistiques de la FAO (FAOSTAT), au cours des 5 dernières années, le cheptel burkinabè a globalement augmenté.

Pour les principales espèces, les statistiques figurent dans le tableau ci-après, en milliers de têtes (1000 têtes) :

Espèces

2015

2016

2017

2018

2019*

Tx d’év.moy

Bovins

9272510

9457934

9647073

9840000

10003682

1,53 %

Caprins

14308172

14737393

15179490

15635000

16071756

2.35 %

Porcins

2392695

2440528

2489317

2539000

2587862

1,58 %

Chevaux

40395

40777

41163

42000

42610

1,07 %

Ovins

9556056

9842712

10137973

10442000

10693285

2,27 %

Volaille

43487

35808

36882

37988

38865

-2,22 %

A l’exception de la volaille dont le nombre de têtes a connu un repli sur les 5 dernières années, les autres espèces ont connu une augmentation.

Le marché des aliments pour bétails et volaille a, sans conteste, un potentiel énorme au Burkina Faso et augure un bel avenir pour les producteurs d’aliments pour animaux et les agro-pasteurs dont le nombre est de plus en plus important.

Les principaux acteurs du marché des aliments pour animaux de ferme

Au nombre des acteurs de la filière, on peut citer :

  • la chaîne des unités de production d’aliments complet pour bétail (CPAVI, SN-CITEC, SOFAB, Belwet, CNPA, Bagrépôle) ;
  • les unités de production de sous-produits agro-industriels SPAI (CITEC pour les tourteaux de coton en vrac, SN-SOSUCO (drèche), SITRAC-SA (son de maïs et de blé) ;
  • les acteurs de l’approvisionnement et de la distribution de l’aliment pour bétail au Burkina Faso (SOFAB, CITEC, AGRODIA, COCIMA, CRUS), répartis en grossistes, semi-grossistes et détaillants ;
  • les utilisateurs des aliments bétails constitués des agro-pasteurs, des groupements d’emboucheurs, des Unités de production de lait (KSS et KNB du Séno, UTL de Djibo), des organisations faitières comme l’Union des Mini-Laiteries et Producteurs de Lait du Burkina (UMPL-B), le Comité Régional des Unions du Sahel (CRUS), RECOPA-Est, etc.

SOFAB SA, la plus grosse société de fabrique d’aliments complets pour animaux d’élevage au Burkina Faso

La Société de fabrique d’aliments pour bétail (SOFAB-SA) créée en 2009 à Koubri, localité située à une trentaine de kilomètres au sud de Ouagadougou et spécialisée dans la production d’aliments pour bétail et volaille.

La société est née de l’initiative de promoteurs privés burkinabè, appuyés par l’Etat à travers un financement du Fond burkinabè de développement économique et social (FBDES).

D’un coût d’investissement d’environ 7 milliards de francs CFA, l’unité dispose d’installations modernes de fabrication d’aliments pour animaux dont la capacité de production est de 10 tonnes à l’heure soit une production annuelle de 100 000 tonnes d’aliments granulés ou farineux, pour les différentes filières de production animale.

La société dispose de ses propres points de vente à dans la ville de Ouagadougou pour faciliter l’écoulement de ses produits.

L’usine est équipée d’un pont bascule de 120 tonnes, d’une machine de nettoyage des matières premières, d’un laboratoire d’analyse des compositions, d’une extrudeuse à sec et d’un dispositif de pesage-dosage des ingrédients.

SOFAB s’est fixé pour objectif de répondre aux préoccupations des agro-pasteurs en fournissant 15% de la demande globale en aliments pour bétails et volailles au Burkina Faso.

Faso grain

L’unité a été fondée par Ismaël OUEDRAOGO en 2012 avec une capacité de production initiale de 100 kg par jour pour un chiffre d'affaire de 25.000 F.CFA par jour.

De 2012 à 2018 la production journalière de l’unité a connu une hausse spectaculaire, atteignant les 35 tonnes d’aliments par jour pour un chiffre d’affaires journalier de 7 millions de F.CFA.

L’unité s’est, au fil des années, positionnée comme un acteur incontournable dans la fourniture d’aliments pour bétail et volaille au Burkina Faso. L’une des forces de FASO GRAIN est incontestablement sa proximité avec les agro-pasteurs.

Pour le promoteur l’activité de provenderie (mélange alimentaire destiné aux animaux d'élevage) est encore à ses débuts au Burkina Faso. Il existe de nombreuses unités de production d’aliments pour animaux d’élevage qui manque encore de professionnalisme.

Le promoteur ambitionne d’accroître sa production et de se positionner en tant que leader sur le marché local.

Selon lui, l’activité de fourniture d’aliments pour animaux d’élevage est un marché au potentiel inestimable, la production étant insuffisante pour couvrir les besoins des éleveurs burkinabè.

L’unité de production de MAAZOU Maïga

Basée à fada N’gourma, l’unité dispose d’une machine dont la capacité de production journalière est de 15 tonnes d’aliments pour bétail. Selon son promoteur, l’unité fait face à une demande hebdomadaire de 100 tonnes qu’elle satisfait à 80% soit 80 tonnes écoulées sur le marché local par semaine.

MAAZOU Maïga est un fonctionnaire de l’Etat qui a réussi à lancer son unité en faisant appels à ses relations pour obtenir quelques aides qu’il a complété en contractant un crédit auprès de sa banque sur son salaire, pour acquérir sa machine de transformation.

Malgré le fait que Fada N’Gourma étant une zone agro-pastorale à forte production cotonnière, la graine de coton, principale composant utilisé dans la fabrication des aliments reste difficile à acquérir.

L’unité s’approvisionne en graines de coton à partir du Bénin, ce qui augmente ses charges (dédouanement à la sortie du Bénin et à la frontière du Burkina Faso). Toutes ces frais qui se répercutent selon le promoteur sur le coût des aliments mis sur le marché local.

L’unité emploie 23 agents dont 16 permanents et 7 temporaires.

Le promoteur nourrit l’ambition de développer et de diversifier sa production en produisant de l’huile végétale extraite à partir de la graine de coton et de lancer sa propre marque d’huile.

Pour se faire, le promoteur entend travailler en étroite collaboration avec les groupements de femmes à qui des formations seront dispensées en vue de la fabrication du savon.

Tout comme Faso Grain, l’unité ambitionne de se positionner durablement sur le marché de la fourniture d’aliments pour bétail et volaille vue les possibilité d’expansion et de diversification de ses activités.

Le Centre de Promotion de l'Aviculture Villageoise (CPAVI)

Le CPAVI est la seule structure étatique qui œuvre dans la promotion de l’aviculture villageoise par la mise à la disposition des aviculteurs d’une grande gamme de prestations aviaires.

Le CPAVI est rattachée au Ministère en charge des ressources animales et intervient dans l’encadrement des producteurs, la fabrication et la commercialisation d’aliment pour animaux d’élevage.

La structure a pour principale mission d’accompagner les acteurs de la filière avicole et de capitaliser les acquis des différents projets et programmes dans le domaine de l’amélioration de l’aviculture traditionnelle au Burkina Faso.

La fourniture d’aliments pour bétail des huileries

Au Burkina Faso, la plupart des producteurs d’huiles alimentaires, fournissent des tourteaux et autres aliments pour animaux d’élevage.

La SN-CITEC, la plus grosse huilerie du pays, fournie une quantité importante d’aliments pour bétail. La société produit annuellement 60.000 tonnes d’aliments complets et des tourteaux de coton également destinés à l’alimentation du bétail.

La SOFIB, seconde huilerie la plus importante, ne produit pas d’aliment complet. Elle fournit cependant des tourteaux à hauteur de 30.000 tonnes par an.

Dans l’ensemble, il existe au Burkina Faso plus d’une cinquantaine d’unités de production d’aliments pour bétails et volailles dont la production nationale en 2016 a été estimé à 190 000 tonnes d’aliments bétails et 25 000 tonnes pour l’aliment volaille.

Les huileries occupent une importante part de marché dans la fourniture des aliments pour animaux d’élevage vue le nombre importants d’éleveurs qui s’y approvisionnent.

Le marché à l’exportation des aliments pour animaux d’élevage

Selon les données statistiques sur le commerce extérieur produites par l’INSD, le Burkina Faso exporte d’importantes quantités de nourritures destinée aux animaux d’élevage. Ces exportations sont, outre les aliments déjà préparés pour animaux, les résidus et déchets des industries alimentaires destinés à la préparation d’aliments pour bétail et volaille.

Sur la période de 2018 à 2019, les exportations des aliments pour animaux, à l’exception des céréales non moulus, sont passées respectivement de 67 722 tonnes à 42 394 tonnes, soit un repli de 37,39%.

En termes de chiffre d’affaires, ces exportations ont rapporté 4,08 milliards de F.CFA en 2019 contre 6,46 milliards de FCFA en 2018, soit un recul de 36,80%.

Pour la Rédaction de investirauburkina.net, ce recul des exportations d’aliments pour animaux d’élevage s’explique par la demande locale de plus en plus importante, toute chose qui explique l’envergure du marché local de la fourniture d’aliments pour animaux d’élevage.

Règlementation de la production, de l’importation et de la commercialisation d’aliments pour animaux d’élevage au Burkina Faso

Vue le développement du marché et les possibilités d’investissements dans l’alimentation pour animaux de ferme, l’Etat burkinabè, aux termes du décret 2020-0842/PRES/PM/MRAH/MCIA/MINEFID/MESRSI portant règlement de la production, de l’importation et de la commercialisation des aliments pour animaux d’élevage au Burkina Faso du 5 octobre 2020, a défini les conditions de production, de contrôle de la qualité nutritionnelle et des prix des aliments pour animaux d’élevage mis sur le marché au Burkina Faso.

Aux termes dudit décret, les opérateurs économiques désireux de se lancer dans la fabrication, l’importation et la commercialisation des produits destinés à l’alimentation animale doivent, préalablement à l’exercice desdites activités, être agréés par arrêté conjoint du ministre chargé du commerce et du ministre chargé de l’élevage.

Les opérateurs qui exerceraient, à la date d’entrée en vigueur du présent décret, une activité de production, d’importation et de commercialisation d’aliments pour bétail et volaille, seraient tenus de se conformer aux dispositions dudit décret dans un délai de 24 mois.

Un arrêté ministériel devrait bientôt donner le top départ de la mise en application du présent texte.

Quelques unités de production d'aliments pour animaux d'élevage

OUAGADOUGOU

DESIGNATION

CONTACT

Belwet

 78 21 97 97

CNPA

-

CPAVI

25356134

Entreprise MOABLAOU

+226 25 37 81 81

Faso Grain

78025801

Fish feed Burkina

78718865

François OUEDRAOGO

78827709

HIROSSI (Mme Vinima OUOBA)

70262499

Kali’s Service

70249496

KOANDA Abdoulaye;

73869784

Kono Aliment

70212082

Monastère de Koubri

(+226) 70 33 06 26

SAPROCOM

79357750

SIATOL

70150502

SOFAB

70015987

ZIDA Séni

70237412

BOBO DIOULASSO

DESIGNATION

CONTACT

AGRIPAY (Serge KONKOBO)

70256166

Bonkoungou Jean François

70087493

CAB (MILLOGO Yacouba)

71903835

CEPROTAS (Mady PORGO)

78001001

DIARRA Issaka

76916089

Etablissement Zouon

76606247

FAMAS (SAMORA)

70277472

Ibrahim Moulin

76740052

Maison des Oiseaux

77782754

MPA (DJIGUIMDE Aziz)

70796949

Nafa Aliment

76725445

Neema Productions

70255457

TRAORE Adamou

70511885

 AUTRES LOCALITES

DESIGNATION

LOCALISATION

CONTACT

Bagré Pole

Bagré

70667449
53343706

Ferme KOUNA (Moussa KONE)

Banfora

78845244

KONDOMBO Cyrille

Bérégadougou

71966228

ZERBO Maxime

Dédougou

70255910

ASUDEC

Diébougou

77423993

AGROPAS (Souley Mohamed)

Fada

70200004

FADIMA

Koubri

60056060

AVIPRO

Koudougou

70287572

SAPAS

Loumbila

70200576

FAPROMA

Saponé

70216197

OUEDRAOGO Richard

Saponé,

70521068

ZOUNGRANA Goama

Saponé.

76055140

DRABO Yaya

Sourou

67447044

TPA (Jean SORGHO)

Tenkodogo

70204842

TAPSOBA Boureima

Ziniaré

78870580

Source : https://www.plateformelevage.com/

Les acteurs du sous-secteur de l’élevage sont en nombre croissant.

Pour la Rédaction de investirauburkina.net, la demande en aliments pour animaux d’élevage augmentera de manière exponentielle dans les prochaines années et l’élevage se positionnera probablement comme le sous-secteur rural le plus important au Burkina Faso.

La production d’aliments pour bétail et volaille est un marché important qui augure un bel avenir.

BAMBIO Z. François, pour investirauburkina.net

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